Qui défiera Bouteflika en Algérie ? Un parti de gauche boycotte la présidentielle, les islamistes laissent planer le suspense

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L'Algérie se soulève contre Bouteflika

BOYCOTT - Qui se présentera face à Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle algérienne ? Un parti de gauche a annoncé samedi 2 mars qu'il ne présentera pas de candidat. Du jamais vu pour ce parti depuis 2004. A l'exception du chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, qui doit déposer dimanche sa candidature à un 5e mandat, aucune personnalité d'envergure n'a pour l'heure confirmé la sienne.

Qui défiera Bouteflika ? A la veille de la clôture des candidatures à l'élection présidentielle en Algérie, la question reste sans réponse tant la situation est confuse dans le pays. Le président sortant doit déposer sa candidature ce dimanche pour un 5e mandat annoncé qui suscite la colère d'une partie des Algériens. Ils étaient des dizaines de milliers, peut être des centaines de milliers, à défiler dans les rues vendredi dans plusieurs villes du pays. 

Samedi 2 mars, le pouvoir est resté muet sur les suites de cette mobilisation, sans toutefois rester inactif. En effet, la présidence a fait savoir que le directeur de campagne du président, l'ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal, avait été limogé, après avoir animé trois campagnes victorieuses. Il a été remplacé par le ministre des Transports, sans donner de détail sur les motivations de cette annonce. Face à cela, l'opposition peine à se faire entendre. Dernier épisode en date : le parti des Travailleurs (PT) algérien a annoncé qu'il ne présentera pas de candidat, une première depuis 2004. "A l'exception de deux abstentions, tous les membres du Comité central ont voté pour la non-participation" à la présidentielle du 18 avril, a déclaré à l'AFP Ramdane-Youssef Tazibt, député et membre du bureau politique du PT.

Si le calendrier (électoral) est maintenu, le pays court de gros risques. On ne peut pas participer à quelque chose qui risque de plonger le pays dans l'irréparable- Ramdane-Youssef Tazibt, député et membre du bureau politique du PT.

"Le parti se devait de prendre en compte le processus révolutionnaire en cours en Algérie. Des millions d'Algériens réclament le départ du système et cette élection présidentielle ne peut pas répondre à cette aspiration réelle au changement", a dit Ramdane-Youssef Tazibt, député et membre du bureau politique du PT. "Si le calendrier (électoral) est maintenu, le pays court de gros risques. On ne peut pas participer à quelque chose qui risque de plonger le pays dans l'irréparable", a-t-il ajouté.

 

Secrétaire général du PT, Louisa Hanoune a été candidate aux présidentielles de 2004, 2009 et 2014, ne totalisant que de faibles scores (entre 1 et 4,2%).

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Toujours pas de candidat d'envergure

 A l'exception du chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, qui briguera un 5e mandat, aucun candidat d'envergure n'a pour l'heure confirmé sa candidature. Principal adversaire d'Abdelaziz Bouteflika aux présidentielles de 2004 et 2014, son ancien Premier ministre Ali Benflis annoncera dimanche s'il se porte ou non candidat à nouveau.

Débarqué fin 2018 sur la scène politique, avec des propos fracassants promettant une "IIe République", le général à la retraite Ali Ghediri, sans parti et passé militant connu, s'est déclaré candidat mais est extrêmement discret depuis plusieurs semaines.

Principal parti islamiste, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui a rompu en 2012 avec l'alliance présidentielle, a désigné son président Abderrazak Makri pour le représenter au scrutin. Samedi 2mars, le MPS a laissé planer le suspense, indiquant que le dossier de candidature serait déposé ce dimanche, "si toutefois on décide de déposer notre candidature".

Pour l'heure, seuls deux candidats peu connus ont déposé leur dossier au Conseil constitutionnel, selon l'agence APS: Ali Zeghdoud, président du microscopique Rassemblent algérien (RA) et Abdelkrim Hamadi, un indépendant. Déjà candidats lors de précédentes présidentielles, leur dossier n'avait pas été validé.

L'homme d'affaires Rachid Nekkaz, omniprésent sur les réseaux sociaux et qui draine des foules de jeunes enthousiastes, semble ne pas remplir les conditions d'éligibilité. Il affirme avoir obtenu la perte de sa nationalité française, mais la loi électorale prévoit qu'un candidat ne doit jamais "avoir possédé une autre nationalité" qu'algérienne.

 

Une fois les dossiers déposés, le Conseil constitutionnel statuera dans les dix jours sur leur validité.

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