Qui est Arnaud Mimran, cet escroc français présumé qui a donné de l'argent à Netanyahou ?

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JUSTICE - Le bureau de Benjamin Netanyahu a reconnu lundi dans un communiqué que le Premier ministre avait touché 40.000 dollars en 2001 d'Arnaud Mimran. Un Français jugé à Paris dans une vaste affaire d'escroquerie à la taxe carbone.

"Leur grille de lecture du monde, c'est l'argent". C'est en ces termes que l'avocat de la partie civile avait évoqué, il y a deux semaines, les 14 prévenus dans "le procès CO2". Parmi eux, Arnaud Mimran. Un Français de 44 ans, jugé pour cette escroquerie à la taxe carbone qui aurait coûté 283 millions d'euros aux contribuables français. Et qui fait parler de lui jusqu'au plus haut sommet de l'Etat israélien : le bureau de Benjamin Netanyahou a reconnu lundi que le Premier ministre avait touché 40.000 dollars de sa part en 2001.

S'il a démenti toute infraction à la loi, le bureau de "Bibi" a expliqué que ces fonds avaient financé "des interventions médiatiques et des déplacements à l'étranger effectués pour le bien d'Israël, et ce, en conformité avec la législation" israélienne. Dans un précédent communiqué, les services du Premier ministre accusaient le Français de tenter "de détourner l'attention" en tentant de mettre en cause Benjamin Netanyahou.

Un personnage sulfureux, ancien golden boy

Il faut dire qu'Arnaud Mimran s'était fait remarquer en déclarant en mai au tribunal correctionnel de Paris avoir fait don "d'un million d'euros" pour la campagne de Benjamin Netanyahou, et ce "à titre personnel", sur le "compte personnel" de l'actuel Premier ministre israélien. Un tribunal qui avait alors découvert les différentes facettes de ce personnage haut en couleurs, qui avait débuté sa carrière de "golden boy" à la fin des années 1990. A l'audience, il a raconté que la revente de sa première société lui avait rapporté 35 millions d'euros.

En 2001, il quitte la France, direction Miami avec sa première femme Il rentrera au bercail en 2004. "A mon retour, je rachetais des parts dans des sociétés et je faisais de la gestion de patrimoine", a-t-il précisé durant l'audience, selon Le Parisien. L'homme se retrouve rapidement dans le collimateur de l'Autorité des marchés financiers (AMF), avant que toutes les poursuites à son encontre ne soient levées.

Dix ans de prison et un million d'euros requis à son encontre

Fin 2008, il investit huit millions d'euros dans ce qui deviendra "l'affaire du CO2". La fraude consistait à acheter des quotas d'émission de CO2 hors taxe dans un pays étranger, avant de les revendre en France à un prix incluant la TVA, puis d'investir les fonds engrangés dans une nouvelle opération. La TVA, elle, n'était jamais reversée à l'Etat. Quand l'affaire éclate, ses avoirs se retrouvent gelés. A savoir : "un compte crédité de plus de 7 M€, trois appartements d'une valeur de 5,5 M€, une Mercedes McLaren SLR rare et neuf montres de luxe ont été saisis par les douanes", précise le Parisien .

Le ministère public français a requis dix ans de prison et un million d'euros d'amende contre Arnaud Mimran et les deux autres principaux accusés au procès à Paris. Seuls six des 12 prévenus se sont présentés devant le tribunal. Ils comparaissaient libres. Les autres, qui pourraient être en Israël, font l'objet d'un mandat d'arrêt. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 7 juillet.

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