Qui est Michel Aoun, ex-général et nouveau président du Liban ?

International
PORTRAIT - L'ex-général Michel Aoun, âgé de 81 ans, a été élu ce lundi président du Liban. Cela faisait 29 mois que le pays vivait sans président à la tête de l'Etat.

Ce lundi 31 octobre, Michel Aoun est devenu le treizième président de la République libanaise, élu pour un mandat de six ans non-renouvelable. Cette élection met ainsi fin à un vide institutionnel qui aura duré 29 mois. Aoun, 81 ans et ancien général, est connu pour avoir été un virulent opposant au régime syrien, avant de retourner sa veste en se rapprochant du Hezbollah, allié de Damas.


Pour devenir le troisième général à diriger le Liban, Aoun a pu compter sur l'appui inopiné de deux de ses adversaires politiques : le chef chrétien des Forces libanaises (FL) Samir Geagea et l'ex-Premier ministre sunnite Saad Hariri, tous deux hostiles au président syrien Bachar al-Assad et à ses alliés libanais du Hezbollah.

Un général à la conquête du pouvoir

Michel Aoun est né le 18 février 1935 dans la banlieue populaire de Haret Hreik, au sud de Beyrouth. Comme beaucoup de jeunes issus de milieu modeste, il embrasse la carrière militaire. Il gravit les échelons jusqu'à devenir chef d'une unité d'élite multiconfessionnelle qui défendra en octobre 1983, en pleine guerre civile (1975-1990), les régions gouvernementales face à la milice druze de Walid Joumblatt appuyée par la Syrie.


Il accède au grade de général et devient chef de l'armée. A l'été 1988, le président Amine Gemayel, quittant le pouvoir sans successeur, le nomme à la tête d'un gouvernement militaire chargé d'assurer l'élection d'un nouveau chef de l'Etat. Pendant ses deux ans au pouvoir, il lance sans succès "la guerre de libération" contre l'armée syrienne présente au Liban, puis tente en vain de désarmer les FL dirigées par Samir Geagea. Ces affrontements sont un désastre. Retranché dans le palais présidentiel, il refuse l'accord de Taëf en 1989 pour mettre fin à la guerre civile. Un nouveau président proche de la Syrie Elias Hraoui est élu.

Réfugié à Paris

Le 13 octobre 1990, l'armée syrienne l'évince par la force. Michel Aoun se réfugie à Paris en 1991 où il restera 15 ans et fondera le "Courant patriotique libre", hostile à la Syrie. Le 14 février 2005, l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri suscite des manifestations qui aboutissent au retrait total des troupes syriennes du Liban le 27 avril 2005. Deux semaines plus tard, Aoun rentre au Liban et crée la surprise aux législatives en remportant 21 sièges sur 128 à l'issue d'une campagne axée contre le confessionnalisme et la corruption.


L'ex-général fait figure de trouble-fête dans un paysage politique dominé par les grandes familles et les anciens seigneurs de la guerre civile. Dans un nouveau coup de théâtre dont il est coutumier, il signe le 6 février 2006, un document d'entente avec le Hezbollah. La révolte, qui éclate en Syrie en mars 2011, divise le Liban. Les partis chrétiens des FL et des "Kataëb" ainsi que la majorité des sunnites prennent parti pour les rebelles. Mais Aoun, ancien chantre de la lutte contre la famille Assad reste bienveillant à l’égard du régime.

Lire aussi

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter