Qui est Sophie Pétronin, l'humanitaire française enlevée par Al-Qaïda au Mali ?

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PORTRAIT - L’humanitaire française Sophie Petronin a été enlevée le 24 décembre 2016 à Gao, dans le nord du Mali. Depuis, on n'avait plus de nouvelles de celle qui dirigeait une ONG d’aide à l’enfance, avant qu'Al-Qaïda au Mali ne publie ce dimanche une vidéo dans laquelle on la voit en compagnie de cinq autres otages étrangers.

Les autorités françaises étaient dans le flou. Depuis qu'a été confirmé, fin décembre dernier, l’enlèvement à Gao, au Mali, de Sophie Pétronin, on n'avait plus de nouvelles de cette dirigeante d’une ONG d’aide à l’enfance, Association Aide à Gao (AAG). Enlèvement par un groupe terroriste ou rapt crapuleux ? Depuis la revendication de ce dimanche par Al-Qaïda au Mali, et la publication d'une vidéo dans laquelle on peut voir Sophie Pétronin en compagnie de cinq autres otages étrangers, on en sait plus sur le sort de cette Française, qui avait d'ailleurs échappé à un enlèvement en 2012.

Âgée de 66 ans, médecin nutritionniste, Sophie Pétronin avait découvert cette ville du nord du Mali en 1996 avant de s’y installer définitivement en 2001, selon le site de son association. Elle avait lancé la construction de sa maison en 2003, rapporte Le Dauphiné Libéré, un an avant de créer AAG (association suisse sans but lucratif) avec quelques amis suisses.


L’objectif de l'AAG était alors de bâtir un centre d’accueil pour les enfants et bébés orphelins malnutris. Elle souhaitait aussi "aider les autorités locales dans leur programme d’assainissement" de la ville, par le ramassage des ordures avant la saison des pluies, favorable à la propagation d’épidémies. Selon le site de l’AAG, un centre de nutrition était également à l’étude.

En vidéo

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Elle s'échappe de justesse en 2012

En 2012, Sophie Pétronin avait échappé de justesse à un enlèvement par un groupe islamiste. Réfugiée au consulat d’Algérie à la suite du coup d’Etat de rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), épaulés par les groupes islamistes Aqmi et Ansar Dine, elle assiste le 5 avril à l’enlèvement de sept diplomates algériens par des hommes en armes, qui hissent le drapeau salafiste. 


Dépassé par les évènements, le MNLA va alors aider Sophie à rejoindre le nord du pays et l’Algérie, racontait le Dauphiné Libéré. "On a roulé tous feux éteints dans Gao. Une garde armée nous escortait", expliquait-elle dans le quotidien local. "Nous avons mis une nuit pour traverser le désert alors que normalement, il faut deux jours. J’ai regardé le compteur, on roulait à 130 km/h". Arrivée à la frontière après 600 kilomètres de dunes, un avion militaire l’avait ensuite embarqué vers Alger, pour rejoindre l’ambassade de France.

Enquête lancée à Paris

Rentrée ensuite dans la ferme familiale des Cévennes ardéchoises où elle avait pu retrouver son fils et ses petits-enfants, elle s’était dépêchée de retourner à Gao pour poursuivre le travail de son association. Sur RFI, le gouverneur de la ville Seydou Traoré avait expliqué au moment de sa disparition que Sophie Pétronin avait en effet "repris ses activités", sans se cacher. 


Comme le veut la procédure en cas d'enlèvement d'un Français à l'étranger, après son rapt le 24 décembre dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour enlèvement et séquestration en bande organisée. Elle a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et au commandement de gendarmerie prévôtale.

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