Qui est Theresa May, la Première ministre britannique qui a signé la lettre qui lance la sortie de son pays de l'Europe ?

Qui est Theresa May, la Première ministre britannique qui a signé la lettre qui lance la sortie de son pays de l'Europe ?
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ROYAUME-UNI - Ancienne ministre de l'Intérieur, Theresa May, ex-députée conservatrice de 60 ans et locataire du 10, Downing Street depuis juillet dernier, a signé mercredi 29 mars la lettre lançant le processus de sortie de l'Europe de son pays. Qui est-elle ? Portrait.

Ce n'est pas une européenne convaincue, mais, parce qu'elle est fidèle à David Cameron, elle avait pris parti pour le "Remain" pendant la campagne du référendum sur le Brexit. A 59 ans, Theresa May a succédé, mercredi 13 juillet 2016, au Premier ministre conservateur démissionnaire. En quittant son poste, David Cameron lui a conseillé de rester "aussi proche que possible" de l'UE, malgré le Brexit qu'elle doit mettre en oeuvre.

Pourtant, avant le Brexit, personne n'aurait imaginé que Theresa May, ministre de l'Intérieur de Cameron depuis 2010, soit une prétendante au poste. Qui est donc cet animal politique, connu outre-Manche pour sa détermination, qui lui vaut parfois d'être comparé à la "Dame de fer" Margaret Thatcher ? 

Un peu de Margaret Thatcher et d'Angela Merkel

Née en 1956 à Eastbourne, dans le sud de l'Angleterre, Theresa May est entrée en politique chez les Tories en 1986, après des études de géographie à l'université d'Oxford et un début de carrière à la banque d'Angleterre. Mais son engagement politique a réellement pris un tournant onze ans plus tard lorsqu'elle est élue députée du Maidenhead (ouest de Londres) en 1997 au moment où triomphe le camp travailliste de Tony Blair. En 2002, son arrivée à la présidence du Parti conservateur marque les esprits. C'est non seulement la première femme à devenir présidente des Tories mais elle veut redorer l'image des conservateurs, "le méchant parti" corrompu et peu féminisé.

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Interrogée par RFI , Agnès Alexandre-Collier, spécialiste du Parti conservateur britannique à l’université de Bourgogne, explique : "Il fallait se débarrasser de l’héritage de Margaret Thatcher, rendre le parti plus humain et compassionnel". Theresa May, cofondatrice en 2006 de Women2Win, pour favoriser l'émergence d'élues conservatrices, est d'ailleurs une féministe convaincue , pro-mariage gay et libérale sur le plan des mœurs. Cependant pour les observateurs de la vie politique britannique, la comparaison avec l'ex-Dame de fer n'est pas exagérée : Theresa May est libérale, pragmatique et intransigeante. Au ministère de l'Intérieur, elle est par exemple restée ferme face aux syndicats de policiers qui contestaient les coupes budgétaires. De quoi la rapprocher de la figure bien plus contemporaine de la chancelière allemande conservatrice,  Angela Merkel.

Professionnelle mais glaciale

Depuis qu'elle est sur le devant de la scène politique, la presse anglo-saxonne lui reproche d'ailleurs sa grande froideur. Les tabloïds s'amusent cependant de son seul trait d'excentricité, à savoir ses chaussures originales, colorées, zébrées ou léopardées. Son professionnalisme fait en revanche l'unanimité. "Elle est efficace et sérieuse et peut mettre en avant son expérience, commente aux Echos Matt Beech, politologue à l'université de Hull. C'est un gros avantage dans la période de crise que traverse le pays".

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Reste son rapport à l'Europe. Eurosceptique, voire souverainiste, Theresa May souhaite sortir de la Convention européenne des Droits de l'Homme (CEDH). Elle avait également assuré lors de son élection vouloir respecter le vote des électeurs britanniques en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'UE le 23 juin dernier. C'est chose faite depuis mercredi. 

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