Qui était Véronique Robert, la journaliste française tuée par une mine en Irak ?

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DRAME - La journaliste française Véronique Robert, blessée à Mossoul, est décédée, a annoncé France Télévisions ce samedi. Touchée lors de l'explosion d'une mine, elle avait été rapatriée en France et admise dans la nuit de jeudi à vendredi à l'hôpital Percy, près de Paris.

La journaliste Véronique Robert, blessée lundi dans une explosion d'une mine à Mossoul, en Irak, où elle était en reportage pour l'émission "Envoyé Spécial", est morte des suites de ses blessures, a annoncé samedi France Télévisions dans un communiqué. L'explosion de la mine lundi a tué deux de ses confrères, le Français Stéphan Villeneuve et l'Irakien Bakhtiyar Addad. Samuel Forey, un troisième journaliste français qui les accompagnait a été blessé légèrement.


Opérée à Bagdad, la reporter avait été transférée dans la nuit de jeudi à vendredi à l'hôpital Percy, situé à Clamart, près de Paris.  

"Entourée de ses garçons"

Âgée de 54 ans, cette grand reporter de nationalité suisse collaborait avec plusieurs médias en  Suisse et en France, notamment Marianne, Le Figaro ou encore Paris Match pour  qui elle avait récemment réalisé une série de reportages sur l'Irak.

 "C'était quelqu'un de très déterminé. Les médecins américains nous ont dit  que, même dans le coma, elle avait un mental extrêmement puissant", a rapporté  à l'AFP Emilie Raffoul, directrice de #5 Bis Productions, qui travaillait avec  elle depuis une quinzaine d'années.

 

Véronique Robert "avait l'habitude des combats, c'était une professionnelle  de la guerre qui avait couvert plusieurs conflits, spécialiste du  Proche-Orient", a-t-elle ajouté. "Elle était extrêmement rigoureuse dans la préparation des reportages, les  choses étaient réglées au millimètre à tous les points de contact", selon la  productrice, qui s'était rendue à son chevet en Irak mardi aux côtés de la  responsable des magazines à France Télévisions Dominique Tierce et de la grand  reporter Dorothée Olliéric.

"Une femme hors norme"

"On attendait une moins mauvaise nouvelle cette semaine. Elle ne viendra pas. Véronique Robert est décédée ce matin, en France, entourée de ses garçons. Vous découvrirez dans des portraits cette femme hors norme. Le mot tristesse est bien trop court pour décrire ce que l'on ressent", a écrit sur Facebook son producteur Nicolas Jaillard.

Emilie Raffoul, Dominique Tierce responsable des magazines à France Télévisions et la grand reporter Dorothée Olliéric s'étaient rendues en Irak mardi soir pour organiser le rapatriement de Véronique Robert, qui a subi plusieurs opérations à Bagdad.


"Elle était hyper féminine, épaisse comme une allumette et ne mâchait pas  ses mots", raconte sur le site de Paris Match Caroline Mangez, la rédactrice en  chef actualité. "Elle entretenait avec le journalisme, son premier amour, une  relation ambiguë. Elle lui avait été quelques fois infidèle, collaborant un  temps comme conseillère avec la société Gallice, fondée par des anciens du GIGN  et de la DGSE. Mais elle revenait toujours au journalisme", ajoute-t-elle.  La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a confié sur Twitter son  "émotion à l'annonce du décès de Véronique Robert, grande journaliste de  guerre".


Spécialiste du Proche-Orient, Véronique Robert vivait à Dubaï où elle avait  milité pour la création d'un centre de traitement pour les mineurs victimes de  viol, au cours du procès médiatisé du viol de l'un de ses fils il y a une  dizaine d'années.

Dans ce cadre, elle avait appelé à boycotter Dubaï en lançant un site  internet, www.boycottdubai.com. Elle avait entrepris des actions en justice en  France et en Suisse contre plusieurs très hauts responsables des Émirats et de  Dubaï pour "mise en danger de la vie d'autrui".



L'Elysée avait annoncé mardi que Stephan Villeneuve allait être fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume.

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