Qui veut habiller Melania Trump ? Pas grand-monde...

Qui veut habiller Melania Trump ? Pas grand-monde...

International
FASHION - Alors que la cérémonie d'investiture du nouveau président des Etats-Unis se prépare, de nombreux regards se tournent vers Melania Trump, la nouvelle première dame. Si les designers se bousculaient pour habiller Michelle Obama, ils semblent moins nombreux à vouloir afficher leurs griffes sur la femme de Donald Trump.

Du jamais vu. Mais Melania Trump en a-t-elle réellement besoin ? Avec l'élection de Donald Trump, sa femme Melania se trouve inévitablement associée aux nombreuses controverses créées par son mari. Si habiller la première dame des USA est un honneur que beaucoup de créateurs se verraient bien confier, voir sa griffe associée à Melania Trump n'est pas du goût de tout le monde. 


C'est même devenu un sujet de controverse dans le monde de la mode : faut-il ou pas habiller la première dame des Etats-Unis ? Une polémique débutée très tôt, au lendemain de l'élection de Donald Trump, emmenée par une Française et suivie par les grands noms de la mode US.

Une créatrice française en tête de la fronde anti-Melania

Sophie Theallet, créatrice française et new-yorkaise d'adoption, a été la première, à la mi-novembre, à s'opposer à l'idée d'habiller la nouvelle première dame américaine. Elle a déclaré qu'elle n'habillerait pas Melania Trump, en réaction à "la réthorique raciste, sexiste et xénophobe utilisée par la campagne présidentielle de son mari". 

D'autres ont suivi et pas des moindres :  Marc Jacobs, Derek Lam, Phillip Lim et Christian Siriano ont tous expliqué qu'ils refusaient d'être associés à l'image de Melania Trump. "Personnellement, je préfère consacrer mon énergie à aider ceux qui vont être victimes de Trump et de ses supporteurs", a déclaré Marc Jacobs. Tom Ford lui a emboité le pas, en expliquant qu'il ne souhaitait pas voir sa marque associée à Melania Trump. "Il y a quelques années, on m'a demandé de l'habiller, j'ai refusé", a-t-il déclaré sur ABC. Justifiant cela par un souci économique : ses créations sont trop chères et pour cette raison, elle ne devrait pas porter sa griffe. 

La très puissante créatrice Diane von Furstenberg la défend

Du côté de Diane von Furstenberg, c'est un autre son de cloche : "Melania mérite le respect dont ont bénéficié les autres premières dames", a fait valoir la créatrice qui est aussi la présidente du très influent syndicat américain de la mode (CFDA).

"Notre rôle, dans le monde de la mode, est de promouvoir la beauté, l'ouverture et la diversité", a-t-elle confié au site Women's Wear Daily. Mais que Melania Trump se rassure, alors que Jean-Paul Gaultier a déjà estimé qu'elle "s’habille très bien toute seule", certains éminents créateurs américaines veulent bien associer leur image à celle de la première Dame : Tommy Hilfiger, Calvin Klein, Carolina Herrera, Zac Posen et Thom Browne en font partie. 

Elle achète elle-même ses vêtements sur Internet

Si la démarche de Michelle Obama était de promouvoir des créateurs américains pointus, celle de Melania Trump semble tout autre. Mais pour les créateurs qui se refusent à habiller Melania Trump, la posture est avant tout symbolique. Elle achète elle-même ses tenues sur Internet avec un goût prononcé pour les stylistes européens. Et peu importe s'ils ont leur mot à dire ou pas sur son envie d'être habillée par tel ou tel créateur. 


En témoigne l'une de ses apparitions en D&G lors du nouvel an qui avait valu à Stefano Gabbana un déluge de critiques lorsqu'il avait, dans un tweet, remercié la première dame d'avoir choisi une de leurs tenues. "Je ne fais de discrimination envers personne et je cherche à respecter tout le monde", a dit le créateur italien au Corriere della Sera, "mais cela ne veut pas dire être d'accord avec leurs idées."


Alors quelles marques se verront probablement à leur insu sur la nouvelle première dame ? Ses choix se portent presque systématiquement sur des créateurs européens : des grands noms comme Gucci, dont elle a porté un ensemble fuchsia lors du premier débat entre Donald Trump et Hillary Clinton, mais également Balmain ou Dolce & Gabbana. La créatrice serbe Roksanda Ilincic ou la Néo-Zélandaise, britannique d'adoption, Emilia Wickstead ont aussi tapé dans l'oeil de Melania Trump. 

La première dame devrait soutenir la mode américaineVera Wang, créatrice de mode américaine

Quel style adoptera-t-elle ? Un style classique à l'élégance sobre, souffle-t-on du côté des spécialistes. De manière générale, Melania Trump "semble aborder la question sur un plan purement esthétique" et "ne pas se préoccuper vraiment du designer", observe Christine Logotheti, consultante en image et auteure du blog The Style of Politics


La rupture sera donc brutale, à plus d'un titre, avec Michelle Obama, très éclectique et prête, entre autres, à soutenir des couturiers noirs peu connus comme Duro Olowu et Tracy Reese. Unité de couleur, coupes relativement sages, pas de motifs, d'ajouts ou d'accessoires, Melania Trump entend très clairement renouer avec l'élégance et la sobriété, incarnées, mieux que personne, par Jacky Kennedy.


Rien n'a filtré, à ce jour, de ses choix vestimentaires pour la cérémonie d'investiture du 20 janvier, même s'ils sont nombreux sur les rangs. "La première dame devrait soutenir la mode américaine", a jugé la designer Vera Wang, "comme l'ont fait ses prédécesseurs". Si son mari prône la rupture avec ses prédecesseurs, Melania Trump ne devrait pas opérer de virage à 360 degrés par rapport à Michelle Obama.

En vidéo

JT 13H - Qui est Melania Trump, la future First Lady des Etats-Unis ?

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Donald Trump

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter