Rachel Levine, une pédiatre transgenre au ministère de la Santé de l'administration Biden

Rachel Levine, une pédiatre transgenre au ministère de la Santé de l'administration Biden

SANTÉ - Le président Biden a désigné Rachel Levine, une femme transgenre, comme secrétaire adjointe à la Santé. Si ce choix s'inscrit dans la politique d'ouverture du nouveau président à toutes les minorités, la compétence de cette ancienne pédiatre n'est pas discutée.

Joe Biden l'a annoncé à la veille de sa prestation de serment, lors d'une ultime rafale de nominations depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware. Il a choisi Rachel Levine au poste de secrétaire adjointe à la Santé, une progression logique dans la carrière de cette pédiatre de profession, qui a dirigé le département de la Santé de Pennsylvanie depuis 2017. Mais à un niveau symbolique, ce choix marque aussi l'entrée inédite d'une personne transgenre dans l'administration présidentielle.

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C'est une volonté politique explicite du nouveau président, qui a lui-même exalté son "choix historique".  "La docteure Levine", a-t-il ajouté, "va apporter l'autorité et l'expertise essentielle dont nous avons besoin pour aider les gens à traverser cette épidémie - quel que soit leur code postal, race, religion, orientation sexuelle ou handicap".

Guérir des "années Trump"

Inversement, la présidence de Donald Trump aura en effet été marquée par sa tentative d'exclure de l'armée les personnes transgenres, pour "éviter  le fardeau d'énormes frais médicaux" et d'énigmatiques "perturbations". Après des aller-retours entre le Pentagone et la Cour suprême, c'est actuellement le statu quo qui prévaut. Son administration a aussi essayé d'exclure les minorités sexuelles de la loi sur les discriminations au travail, au prétexte qu'elle ne s'appliquerait qu'aux différences hommes/femmes.

Pour elle, "la transition la plus difficile de [sa] vie" aura été de passer de Manhattan à la Pennsylvanie rurale, aime-t-elle à plaisanter, en référence à la période de sa vie où elle avait encore un corps et une identité d'homme. Quand elle est arrivée dans l'État au début des années 90, elle était encore connue sous le nom de Richard Levine, était arrivée avec femme et enfants, et ce qu'elle tient pour "un vide", mais qu'elle a depuis toujours su "compartimenter". L'affirmation de son genre se fera progressivement, jusqu'à le déclarer en public au début des années 2000, la cinquantaine passée. Rachel Levine ne s'attarde pas sur les difficultés de ce passage sensible de son existence, mais se veut transparente, pour l'exemple qu'il peut donner.

Née en 1957, diplômée de Harvard et de Tulane, Rachel Levine s'est spécialisée dans la pédiatrie, travaillant autant des enfants et des adolescents. De cette expérience professionnelle, elle tire son expertise sur les troubles de l'alimentation, ou l'usage de marijuana médicale, mais surtout sur les opiacés.

Le fait que je sois transgenre n'est pas un sujet- Rachel Levine

À la tête des services de Santé de Pennsylvanie depuis 2017, c'est dans sa lutte contre le fléau des opiacés qu'elle s'est particulièrement signalée. À l'apparition du Covid-19, c'est elle qui a dirigé la manœuvre contre l'épidémie, se rangeant d'emblée du côté de la prévention la plus scrupuleuse.

Cette position lui a valu des critiques du camp le plus hostile aux règlementations sociales, qui ont parfois eu recours à l'injure transphobe. À mesure que progressait sa notoriété, Rachel Levine a vu affluer ce type d'attaques, auxquelles elle a répondu revers de la main : "À quelques très rares exceptions près, le fait que je sois transgenre n'est pas un sujet". Les attaques contre la communauté, décomplexées sous le mandat de Donald Trump, n'ont fait "qu'alimenter [son] désir de faire [son] travail et de plaider".

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Il reste à Rachel Levine à passer l'épreuve de l'audition par le Sénat, un type d'exercice qu'elle a toujours passé avec succès lors de ses nominations précédentes, étant même élue à l'unanimité médecin générale de Pennsylvanie par le Sénat de l'État en 2015.

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