Ramadan : la pandémie complique le mois de jeûne dans le monde musulman

Ramadan : la pandémie complique le mois de jeûne dans le monde musulman

FÊTE GÂCHÉE - Alors que près du quart de la population mondiale débute le mois de ramadan, les restrictions empêchent ou compliquent sa célébration. Un an après une première situation similaire, la pandémie est à nouveau en pleine expansion dans le monde et, selon les pays, on s'y adapte diversement.

Difficile de trouver pratique plus opposée au couvre-feu que le ramadan. C'est après la tombée de la nuit que les fidèles se réunissent pour prier, rompre le jeûne en famille ou célébrer dans les lieux publics, après une journée sans boire ni manger. Selon les régions du monde, et la situation épidémique et sociale qu'elles vivent, le mois sacré du ramadan sera plus ou moins contraint par les restrictions en vigueur. Petit tour d'horizon de ce qui attend les pratiquants dans plusieurs pays musulmans.

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Au Pakistan, éviter la flambée du dernier ramadan

Parmi les premiers pays à débuter le Ramadan dès ce lundi, le Pakistan s'inquiète des rassemblements en pleine "troisième vague" épidémique. Que ce soit à la mosquée, en famille ou sur les marchés, les consignes se sont multipliées pour le respect des règles de distanciation, dans ce pays particulièrement pieux, dont 96% des habitants sont musulmans. L'an dernier, le nombre quotidien de cas positifs était passé de 800 avant le ramadan à 6000 un mois plus tard, une flambée largement imputée aux rassemblements qu'occasionne cette période.

Ainsi, un nouveau confinement vient d'être décrété et les autorités religieuses ont appelé à un respect strict des mesures-barrières. La plupart des marchés et des centres commerciaux ont été fermés, exception faite du commerce de fruits et légumes. La vente de dattes est notamment facilitée, pour préserver le rituel de rupture du jeûne, traditionnellement effectué avec ces fruits.

En Indonésie, un ramadan "plus joyeux cette année"

Dans le plus grand pays musulman du monde, en termes de nombre de pratiquants, les prières du soir seront autorisées cette année, contrairement à l'édition précédente. Mais l'accès aux mosquées indonésiennes sera limité à 50 % de leurs capacités et les fidèles devront apporter leurs propres tapis de prière. Les dignitaires religieux ont d'ailleurs appelé à privilégier les prières à la maison,  tandis que les régions où l'épidémie flambe, comme la capitale Jakarta, ont interdit les célébrations collectives de la rupture du jeûne.

Le mois de jeûne s'annonce toutefois moins sombre qu'en 2020, où même les mosquées avait été fermées. Ainsi, selon Mohamad Fathi, un habitant de Jakarta, le ramadan sera "plus joyeux" cette année : "L'an dernier, nous n'avons pas ressenti du tout la joie du ramadan", rappelle-t-il.

L'Iran face à la "quatrième vague"

Pays du Proche et du Moyen-Orient le plus touché par l'épidémie de Covid-19, l'Iran fait désormais face depuis fin mars à ce que les autorités tiennent pour une "quatrième vague", encore plus violente que les précédentes. Le record de contaminations quotidiennes a d'ailleurs encore été battu lundi 12 avril, avec plus de 23.000 cas officiellement enregistrés. Désormais entièrement classé "rouge", le territoire iranien a fermé tous ses commerces non-essentiels et ses lieux de culte. 

Alors que le mois de jeûne débute mercredi 14 avril dans la république islamique chiite, le ministre de la Santé a ainsi appelé à prier principalement chez soi, et à limiter les prières collectives à "une seule fois [par jour], avec un minimum de personnes et en plein air, en observant une distance de sécurité maximale et en portant le masque".

Algérie : épidémie et "crise de l'huile"

Alors que la crise économique frappe durement le pays, l'Algérie est aussi confrontée à une pénurie de l'huile de table, pour des raisons indépendantes de l'épidémie. Celle-ci ne va pas faciliter l'organisation de la rupture de jeûne, tant l'huile est essentielle à la préparation des repas. Des pénuries de lait sont également signalées, tandis que les prix des autres produits alimentaires de base flambent comme chaque année sur les étals

Ici aussi, les autorités religieuses ont appelé à réduire la présence à la mosquée, ouvertes sous conditions, et à privilégier les prières chez soi ou en plein air. L'an dernier, les mosquées algériennes avaient été fermées pendant tout le mois de ramadan.

Les Algériens subiront par ailleurs l'amplitude horaire la plus large du monde arabe : près de seize heures sans manger ni boire lors des derniers jours de jeûne cette année.

Durcissement des règles au Maroc, léger allègement en Tunisie

Face à la bronca, le gouvernement tunisien a dû faire demi-tour : le couvre-feu annoncé à 19hsera finalement repoussé à 22h. Le mois de ramadan s'annonce toutefois une fois de plus morose : "D'habitude après la rupture du jeûne, on sort, on se balade, on va dans la médina de Tunis, dans le village de Sidi Bou Saïd, on prend l'air, on s'invite", explique Samira Khalifi, une artiste peintre de 45 ans. "Mais cette année, on aura à peine le temps de faire un petit tour, ça va être triste, pénible", continue-t-elle.

Au Maroc, l'état d'urgence vient d'être prolongé d'un mois, tandis qu'un durcissement des règles de distanciation a été promulgué pour toute la période du ramadan.  

Les prières collectives du soir dans les mosquées sont donc suspendues et les traditionnelles sorties en famille après la rupture du jeûne sont de fait interdites par le couvre-feu. L'état d'urgence se renforce aussi de mesures restrictives comme l'interdiction des fêtes et des rassemblements. Les frontières du royaume sont toujours fermées, et les liaisons aériennes avec une trentaine de pays, qui avaient repris grâce à des dérogations, ont été à nouveau suspendues.

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Un an après un premier ramadan confiné, celui de 2021 restera très contraint, même si un certain assouplissement est constaté ici ou là, principalement pour l'ouverture des lieux de culte. Fête religieuse, le mois de ramadan est aussi un moment de fête et de rassemblement, qui sera largement entravé cette année encore dans tous les pays musulmans

L'OMS rappelait hier que "la trajectoire de cette pandémie est en pleine expansion", c'est à dire qu'"elle croît de manière exponentielle". 16 mois après l'apparition du virus, la planète est loin d'en avoir fini avec lui, et la prudence reste de mise partout.

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