Rapatriement facturé 87.000€ à Matthieu : le Quai d'Orsay se justifie

Rapatriement facturé 87.000€ à Matthieu : le Quai d'Orsay se justifie

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EXPLICATIONS – Rapatrié en urgence du Malawi où il a contracté le paludisme, Matthieu Jacquet doit rembourser avec sa famille 87.000 euros à l'Etat d'ici au 15 septembre. Une somme impensable pour cette famille aux revenus modestes.

Oui, le rapatriement en urgence de Matthieu Jacquet du Malawi, où il a contracté en avril dernier un paludisme qui lui a valu de tomber dans le coma, a un coût. Exactement 87.596 euros, comme le rapportait metronews , mardi. Une somme prise en charge par l’État français, qui en demande à présent le remboursement, via le fisc, aux parents du jeune Vendéen. Problème : Matthieu et ses parents ne disposent pas d'une telle somme. Depuis la réception de la facture, ils se mobilisent donc et tentent d’alerter l’opinion publique sur leur cas.

Mais qu’est-ce qui justifie un tel coût et sa réclamation ? A metronews, une source diplomatique qui souhaite rester anonyme précise que l’opération de rapatriement du Malawi vers un hôpital de l’île de la Réunion dont a bénéficié Matthieu est "très onéreuse". "Il s’agit d’une évacuation sanitaire, quand le pronostic vital est engagé, ce qui était le cas [le Quai d’Orsay en effectue une dizaine par an, ndlr]. Matthieu a bénéficié d’un rapatriement sur un vol dédié – il ne s’agissait pas d’un vol commercial –, un avion médicalisé, qui plus est. Tout cela a un coût. Il est normal que l’État demande le recouvrement de la créance".

"Une vie a été sauvée"

"Dans cette affaire, une vie a été sauvée, martèle notre source. Je n’ose imaginer le procès qui aurait été fait à l’État si le rapatriement n’avait pas été fait, et si l’issue avait été fatale". "Nous n’avons pas eu le choix, tonnait de son côté, mardi, la famille. Nous avons dû signer une reconnaissance de dette à l’État, sans quoi l’avion ne décollait pas. Et mon frère mourait", déplorait Magali, la sœur de Matthieu qui pointait, en creux, une certaine pression pour que sa famille signe la reconnaissance de dette. "Je n’en sais rien, je n’étais pas sur place au moment des tractations", élude notre source.

EN SAVOIR + >> Rapatrié en urgence du Malawi, le fisc lui réclame 87.000 euros

Depuis la réception de la facture le 3 août dernier, les Jacquet ont donc un mois et demi pour s’acquitter de leur dette de 87.596 euros. Une somme jugée excessive par Matthieu et sa famille, comme nous l'écrivions mardi. "Ce n'est pas qu'on ne veut pas rembourser, on ne peut pas", expliquait le père de Matthieu en début de semaine. La famille assure avoir des revenus très modestes : le père est propriétaire d’un camping et seule son épouse y est salariée, touchant un salaire correspondant au Smic.

Matthieu n'avait pas d'assurance rapatriement

De son côté, le ministère des Affaires étrangères tient à préciser qu’il n’a agi que comme "opérateur dans l’extrême urgence" et que la balle est désormais dans le camp de Bercy, qui gère les finances publiques. "Il y a toujours possibilité a posteriori de demander un échelonnement de la dette, voire une remise gracieuse, totale ou partielle [ce qu’a fait la famille, ndlr]. Une demande qui sera évaluée en fonction des revenus des parents", explique-t-on.

Dernier point mis en avant par notre source : l’importance de partir à l’étranger en étant couvert par une assurance rapatriement. "Il est de la responsabilité individuelle de tout un chacun de partir à l’étranger en étant couvert correctement". Matthieu, au chômage au Malawi lorsqu’il est tombé malade, n’était plus couvert par l’assurance de ses employeurs et n’avait pas souscrit une assurance rapatriement de son côté. La facture aurait alors pu être prise en charge, totalement ou partiellement, par l'assurance.

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