"Rassurant", "satisfaisant"... pour les Irlandaises, l'IVG médicamenteuse en ligne est un progrès

"Rassurant", "satisfaisant"... pour les Irlandaises, l'IVG médicamenteuse en ligne est un progrès
International

DROITS DES FEMMES – L’association Women on Web permet aux Irlandaises d’avoir recours à une IVG médicamenteuse, illégale dans leur pays. Selon une étude récente, plus de 5600 femmes ont déjà fait appel à ce dispositif, et s’en disent "soulagées".

Soulagées mais hors-la-loi. En Irlande, où l’avortement est puni par la loi, l’association "Women on web" propose des consultations en ligne, ainsi qu’un accès à une IVG médicamenteuse, au moyen de pilules (le mifepristone et le misoprostol)  envoyées par voie postale. Une étude récente, publiée dans le "British Journal of Obstetrics and Gynaecology" démontre que la grande majorité des femmes qui ont fait appel à cette association y ont trouvé du réconfort.

Cette étude, résumée par The Guardian, explique ainsi que sur les 5650 femmes qui ont eu recours à cette télémédecine d’un nouveau genre, 97% estiment avoir "fait le bon choix", 98% "le recommanderaient à une personne dans leur situation". Enfin, 70% d’entre elles se sont senties "soulagées" d’être prises en charge. "Les bénéfices évidents pour la santé et le bien-être [apportés par Women on Web] sont une nouvelle pièce au débat autour des lois sur l’IVG en Irlande et en Irlande du Nord", précisent les conclusions du rapport.

Vous avez sauvé ma vie- Une patiente

"Leur seul regret est de devoir recourir à quelque chose d’illégal dans leur pays. Elles expriment de la colère de ne pas pouvoir avoir un accès sécurisé à l’IVG et se sentent comme des citoyens de seconde zone." Car cette démarche, bien entendu, est parfaitement hors-la-loi en Irlande. Au mois d’avril dernier, une jeune femme qui avait procédé à cette méthode d’avortement médicamenteux, a été dénoncée à la police par ses colocataires. Puis condamnée, par la justice, à trois mois de prison avec sursis.

Beaucoup, pourtant, continuent à prendre le risque. Elles sont mères de famille pour la plupart (63% d’entre elles) et âgées de 20 à 30 ans (85%). Et souvent, ont d’abord pensé à se rendre au Royaume-Uni, pays voisin où l’avortement est légal, afin de mettre fin à une grossesse non désirée. Un voyage que peu d’entre elles peuvent en réalité se permettre, financièrement. Le rapport, entre ses pages, restitue les propos d’une patiente s’adresse en ces termes à l’association : "Je ne sais comment vous remercier, vous avez sauvé ma vie. J’aurais pu me résoudre à une solution désespérée… vous ne pouvez pas comprendre combien je vous suis reconnaissante."

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