Les émissions de CO2 reprennent leur croissance après trois années de stabilité

Les émissions de CO2 reprennent leur croissance après trois années de stabilité

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RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE - Indicateur fiable du rythme auquel opère le changement climatique, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse, a-t-on découvert dans une étude présentée lors de la Cop23.

Une bien mauvaise nouvelle, alors que la 23e conférence climat bat son plein à Bonn. Les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse, cette année, alors qu'elles s'étaient stabilisées ces trois denières années, selon une étude présentée en marge de la Cop23. 

Il faut oublier toute autosatisfaction

L'étude en question, tirée du Global Carbon Project et publiée dans les journaux Nature Climate Change, Environmental Research Letters et Earth System Science Data, fait état d'une hausse de 2% des émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à l'industrie et à la combustion d'énergies fossiles. Le tout pour un total de 36,8 milliards de tonnes, alors que l'année n'est pas finie, sans pour autant être sûr que "le monde a atteint son 'pic' d'émissions", notent ses auteurs.


"Il faut oublier toute autosatisfaction", concluent aussitôt les auteurs de l'étude. La Française Corinne Le Quéré, co-signataire de cette étude, n'a pas caché sa "grande déception"... et ses craintes pour l'avenir. A moins que "les émissions atteignent leur pic ces prochaines années et diminuent ensuite rapidement [...], on risque de manquer de temps pour garder la température sous 2 degrés, et a fortiori 1,5 degrés". 

Une confirmation de ce qu'annonçaient déjà les Nations unies le 31 octobre, et selon qui l'Accord de Paris, qui consistait, pour les pays signataires, à engager des mesures pour limiter à deux degrés, voire 1,5, la hausse des températures d'ici la fin du siècle. 

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Une hausse qui vient (beaucoup) de Chine

Cette hausse est à mettre largement au crédit de la Chine qui, frappée par plusieurs épisodes de sécheresse cette année, a vu sa production hydro-électrique diminuer au profit des énergies fossiles. Un déséquilibre qui s'est avéré d'autant plus problématique que le pays a vu ses besoins croître avec un boom de sa production industrielle. L'Empire du milieu reste le champion de ce type d'émissions, devant les Etats-Unis, dont la production a baissé moins fortement que ces dernières années, tout comme l'ensemble de l'Union européenne, qui se classe au 3e rang.


Ce rythme de croissance devrait se reproduire en 2018, notent les auteurs, qui estiment toutefois que le développement très fort des énergies renouvelables pourrait avoir "un impact significatif sur les émissions mondiales de CO2" d'ici quelques années.

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