Grève pour le climat : Greta Thunberg, cette militante écolo de 16 ans qui inspire toute une génération

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CLIMAT - Depuis la fin de l'été, cette adolescente suédoise de 16 ans a décidé de se battre pour le climat et les générations futures qui devront subir et tenter de "réparer les dégâts" causés par les précédentes. Un combat qu'elle a porté ce jeudi devant les dirigeants européens avant d'aller défiler aux côtés des jeunes Belges puis des jeunes Français, ce vendredi.

Son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Pourtant, depuis quelques mois, le nom de Greta Thunberg fait la une de l'actualité en Suède et au delà. C'est là-bas, depuis Stockholm, que cette adolescente, alors âgée de 15 ans, s'est impliquée pour le climat. A tel point que la jeune fille a réussi à se faire entendre à la COP24, en décembre dernier, en Pologne. Depuis, alors que sous son impulsion, les grèves pour le climat se multiplient partout dans le monde, la jeune suédoise n'hésite pas à se joindre à ses nouveaux compagnons de protestation et voisins européens, comme ce jeudi à Bruxelles ou ce vendredi à Paris. 

Sans détour, elle s'est notamment exprimée ce 21 février devant le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, appelant l'UE à se doter d'un objectif de réduction de ses émissions de gaz à effets de serre de 80% d'ici 2030, "deux fois plus ambitieux" que l'engagement actuel du bloc au sein de l'accord de Paris. L'objectif actuel de 40% n'est "pas suffisant pour protéger le futur des enfants qui grandissent aujourd'hui", a-t-elle asséné dans le grand amphithéâtre du Conseil économique et social européen dont elle était l'une des invités d'honneur. A-t-elle entendu quoi que ce soit laissant penser que les dirigeants européens pourraient s'engager dans cette voie plus ambitieuse? "Non", répond-elle aux journalistes en conférence de presse, laissant apparaître un rare sourire dans un visage encadré de nattes.

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"S'il vous plait faites la grève du climat avec nous"

La célébrité de cette jeune fille a débuté en septembre quand, après un été particulièrement chaud en Suède, elle a décidé de manquer la classe pour aller manifester, seule, chaque semaine, devant le parlement suédois. Son objectif ? Que le gouvernement respecte les promesses faites à Paris. Dans une vidéo, postée le 13 décembre dernier sur les réseaux sociaux, elle invitait les autres à faire pareil : "Où que vous soyez, qui que vous soyez, on a besoin de vous maintenant. S'il vous plait faites la grève du climat avec nous. Mettez-vous devant votre parlement ou votre représentation locale, même si c'est un court instant, pour leur dire qu'on veut de l'action pour le climat".

Pour promouvoir l'accord de Paris, la jeune fille avait passé la semaine suivante en Pologne. C'est là que les représentants de quelque 200 pays se retrouvaient à Katowice, pour tenter de donner vie à l'accord qui vise à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle. Mais le monde a déjà gagné +1°C, entraînant sécheresse, inondations et tempêtes, et les engagements nationaux actuels de réduction des gaz à effet de serre nous dirigent vers +3°C. 

Depuis lors, l'appel de la jeune femme trouve un écho mondial. De Munich à Berlin en passant par Zurich, Lausanne, Hambourg ou encore Bruxelles et plus récemment Paris, des jeunes se retrouvent désormais dans la rue pour manifester le vendredi et réclamer de la part de leur gouvernement de plus fortes mesures contre le réchauffement climatique.

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"Nous, les enfants, devrions nous mettre en colère"

Pour donner l'exemple, Greta Thunberg a décidé de ne plus manger de viande. Elle a également réussi à convaincre ses parents d'installer des panneaux solaires et de cultiver un potager. "C'est nous qui devrons vivre dans ce monde. Si je vis jusqu'à 100 ans, je serai vivante en 2103, et c'est dans longtemps", expliquait-t-elle en décembre dans les couloirs de la 24e conférence de l'ONU sur le climat à Katowice, où elle multipliait les conférences de presse à l'initiative d'une association mondiale de scientifiques engagés dans la défense de l'environnement. 

"Nous devrons vivre avec le bazar que les précédentes générations ont créé. Nous devrons réparer les dégâts pour eux. Ce n'est pas juste", avait-elle lancé à l'époque. "Je pense que nous, les enfants, nous devrions nous mettre en colère et faire entendre notre voix et rendre toutes les générations responsables de ce qu'elles ont créé."

Du haut de ses 16 ans, la jeune activiste écolo qui inspire les adolescents de la planète, est désormais invitée dans de nombreux événements écologistes tandis que Time l'a intégrée à son top 25 des adolescents les plus influents de l'année.

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