Réchauffement climatique : le Giec publie un nouveau rapport alarmant

Réchauffement climatique : le Giec publie un nouveau rapport alarmant

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CLIMAT – Le Giec a dévoilé ce lundi son 5e rapport sur le réchauffement climatique. C'est le plus complet, mais aussi le plus alarmant, que l'institut publie depuis 2007. Le point continent par continent.

Irrémédiablement, la planète va mal. Et une nouvelle fois, c'est le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) qui tire la sonnette d'alarme. Dans le 2e volet de son 5e rapport publié lundi à Yokohama , au Japon, le Giec met en garde contre l'impact du réchauffement climatique sur tous les continents. Dans 20 ou 30 ans, les températures augmenteront de 2°C, voire de 4°C si nous ne faisons rien. Déjà à l'œuvre, ce processus va augmenter les risques d'insécurité alimentaire et de conflits au cours du 21e siècle, estiment les experts.

Avec ce nouveau rapport, l'institut dresse un état des lieux de la planète le plus complet et le plus alarmant depuis 2007. Continent par continent, il recense les conséquences de la détérioration du climat et les actions à mener pour y palier. Pénuries d'eau, inondations importantes, déplacements de population (vecteurs de conflits), famine et pauvreté sont quelques-uns des effets du réchauffement listés par les experts.

L'Afrique et la pénurie d'eau
C'est sans conteste l'Afrique la plus mal lotie. D'abord, parce que naturellement, le continent connaît peu de précipitations et ne compte que peu de glaciers, ce qui en fait le plus sec de la planète et pose de graves problèmes d'irrigation. Le Giec constate que le réchauffement climatique a eu un impact sur le recul des glaciers et le réchauffement des eaux de surface des Grands Lacs, dans l'Est de l'Afrique. Avec pour conséquence l'accroissement de la pression sur les ressources en eau, qui entraîne la réduction des rendements agricoles et une modification de la géographie des maladies. Les solutions préconisées ? Sécuriser les ressources en eau et en améliorer sa gestion, utiliser des variétés plus tolérantes à la chaleur, améliorer l'accès à l'eau saine et la surveillance médicale.

L'Europe sous les eaux
Si l'Afrique a soif, l'Europe, de son côté, joue avec les extrêmes : dans le nord, les experts constatent, depuis quelques années déjà, un recul des glaciers en Scandinavie et en Islande, mais aussi dans les Alpes. Dans le même temps, les inondations (dues en partie à une urbanisation galopante) succèdent aux périodes de sécheresse, les saisons sont dérégulées et la biodiversité est bouleversée. Conséquences à venir : usage de l'eau restreint, rendements agricoles plus faibles dans le sud et effets néfastes sur la santé et la qualité de l'air. Dans le nord, le réchauffement climatique profiterait toutefois à l'agriculture, selon le Giec.

En Asie, les populations déplacées
Les mêmes causes n'ont pas forcément les mêmes conséquences. En Asie, continent le plus peuplé au monde, le réchauffement climatique pourrait impacter la nature à tel point que les hommes devront quitter leurs habitats. Les experts du Giec ont notamment constaté une dégradation du permafrost (terres gelées en permanence) en Sibérie, en Asie centrale et sur le plateau tibétain, et une hausse du débit des rivières liée à la fonte des glaciers dans l'Himalaya et en Asie centrale. Des indicateurs éloquents d'un réchauffement en cours, avec comme conséquences estimées, des inondations et des dommages aux infrastructures et à l'habitat, qui entraîneraient un déplacement massif des populations, une mortalité accrue causée par des chaleurs extrêmes et des pénuries d'eau et de nourriture. Une des préconisations du Giec est de mieux gérer la planification urbaine et de végétaliser les villes contre la chaleur.

En Océanie, la biodiversité menacée
Les sécheresses et les inondations successives qui frappent l'Australie et sa région vont se poursuivre dans les décennies qui viennent. Tout comme la baisse du débit des rivières sur l'île-continent et le recul des glaciers en Nouvelle-Zélande. Avec des conséquences importantes sur la biodiversité de la région, comme le déplacement, les mutations génétiques voire l'extinction de nombreuses espèces d'oiseaux et de plantes. L'aggravation du blanchiment de la Grande barrière de corail, impacté par le réchauffement des eaux, est aussi une tragédie pour la flore et la faune marine. Dans le cas de l'Océanie, le Giec préconise, entre autres, de limiter l'impact des facteurs non-climatiques, comme la pollution, la pêche ou le tourisme.

L'Amérique du Nord confronté à des événements extrêmes
Vagues de chaleur intenses, violentes tempêtes hivernales, inondations, ouragans, etc. Autant de phénomènes climatiques extrêmes qui devraient continuer de frapper l'Amérique du Nord ces prochaines décennies. Le recul des glaciers, les baisses de réserves d'eau dans l'Ouest et la sécheresse auront aussi un impact direct sur le rendement des cultures agricoles et sur la santé des populations. Par ailleurs, les experts prédisent que les incendies risquent de s'aggraver, en nombre et en intensité. Leurs préconisations : interdiction des feux, introduction d'une végétation plus résistante, système de climatisation dans l'habitat résidentiel, système d'alerte sanitaire, centres de rafraîchissement, reverdissement des habitats.

En Amérique latine, pression sur les zones semi-arides
Sa biodiversité et l'importance de ses terres arables font du continent latino le moins exposé aux changements climatiques. Mais tout de même : recul des glaciers, hausse du débit des cours d'eau dépendants du Rio de La Plata, aggravation du blanchiment des coraux dans les Caraïbes ont été constatés par les experts du Giec. En péril, les zones semi-arides principalement, qui dépendent des précipitations ou des glaciers. Le rapport du Giec note par ailleurs les forts risques d'inondations dans les agglomérations dues à des précipitations extrêmes et subites.

Aux Pôles, les ours et les hommes perdent leur habitat
La banquise se réduit comme Peau de chagrin, avec des conséquences dramatiques sur ses habitants. Les ours polaires voient leur habitat naturel disparaître petit à petit. Tout comme l'homme, mais ce dernier aura toujours la possibilité de migrer plus au sud. La réduction de la banquise risque aussi de provoquer l'arrivée d'espèces animales ou végétales invasives dans ces écosystèmes, et par ailleurs, d'accroître le trafic maritime dans le détroit de Béring (entre la Sibérie et l'Alaska). Avec des conséquences en chaîne, une fois encore, sur la biodiversité locale.

Les petites îles submergées
Certains paysages insulaires de carte postale risqueraient bien de le devenir complètement, ces prochaines années. Car qui dit réchauffement dit montée des eaux des océans. Et donc, perte de ressources, d'habitat et d'infrastructures dans les zones côtières et les basses terres. Si vous rêvez des Maldives, n'attendez pas trop pour vous y rendre. Plus proches de nous, certaines îles bretonnes pourraient également être impactées par le réchauffement climatique ces prochaines années, comme l'île de Sein, entre autres exemples.

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