Référendum en Catalogne : Carles Puigdemont "préfère être vaincu dans la paix que gagnant dans la violence"

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INTERVIEW - Alors que les électeurs catalans sont invités à se prononcer, ce 1er octobre, pour ou contre l'indépendance de leur région, le chef du gouvernement était l'invité de David Pujadas ce lundi sur LCI.

Quel seuil pour que le vote soit valide ? Que se passera-t-il si le 'oui' l'emporte ? L'indépendance signera-t-elle la sortie de l'Europe ? Invité de l'émission 24H Pujadas, ce lundi sur LCI, à moins d'une semaine d'un référendum d'autodétermination de la Catalogne, organisé le 1er octobre, Carles Puigdemont, chef du gouvernement catalan, a levé le voile sur une série d'incertitudes qui demeure quant à l'organisation encore floue de ce scrutin, et ses conséquences concrètes. 

"Madrid normalise une répression antidémocratique"

Alors que les autorités madrilènes sont hostiles à ce scrutin, et que l'arrivée de milliers de gardes civils par bateaux est évoquée pour essayer de contrôler la région catalane et empêché sa tenue, Carles Puigdemont, chef du Parti démocrate européen catalan a estimé que "la répression, l'empêchement de la liberté d'expression, ou de la réunion, ne sont pas acceptables dans le cadre de l'Union européenne." 


Et de poursuivre, au sujet de la récente arrestation d'une douzaine de membres du gouvernement, menace qui pèse d'ailleurs sur sa personne : "On est en train de normaliser une répression antidémocratique. Est-ce qu'on peut risquer la prison pour avoir organisé un référendum ? Soyons sérieux, c'est très grave." Et quid des tensions que va générer ce scrutin et au risque de conflit armé évoqué de part et d'autres ? "La violence n'est pas une option pour la Catalogne" a-t-il déclaré. "Je prefère être vaincu dans la paix que gagnant dans la violence".


"Si la volonté du peuple catalan est d'être indépendant, la Catalogne commencera à cheminer comme un Etat indépendant", a-t-il expliqué. Excluant de proclamer l'indépendance dès le 2 octobre en cas de victoire du 'oui', il a évoqué "un appel formel au dialogue avec l'Etat espagnol et l'Union européenne."

"Pas le droit de demander quoi que ce soit à la France"

Car c'est une des questions qui sous-tend le référendum : la Catalogne se maintiendrait-elle dans l'Union européenne en cas de victoire du oui ? Jean-Claude Juncker, président de la Commission, a fait pression il y a six jours, en assurant que "la Catalogne ne [pourrait] pas devenir membre de l'Union européenne." Réponse en pirouette de Carles Puigdemont, dont le mouvement ne souhaite pas "du tout" quitter l'Union : "Pour empêcher la Catalogne d'être membre de l'Union européenne, il faudrait la reconnaître comme un Etat indépendant". Et, poursuit-il, "si Madrid reconnaît l'indépendance de la Catalogne, c'est parce qu'il y un accord politique".


Pour rappel, ce référendum ne fixe pas de seuil de participation. "On aurait accepté de fixer un minimum s'il y avait un accord avec Madrid", souligne Carles Puigdemont. "Ils ont dit non à tout. Finalement, on a tout essayé. Ce qu'on ne pas empêcher, c'est le référundum : on a été autorisé à disposer de la date."


Interrogé sur ce qu'il pouvait attendre comme position de la France sur le sujet - Emmanuel Macron a refusé de prendre position en juin, aux côtés du Premier ministre Mariano Rajoy -, Carles Puigdemont a ménagé son voisin du nord en disant qu'il n'avait "pas le droit de demander quoi que ce soit à la France". Et de conclure : "Je dois être très respectueux de la politique de chaque pays. S'il y a une volonté manifeste du peuple catalan le 1er octobre. Là, seulement je devrais adresser un message."

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