Référendum en Catalogne : pourquoi il faut prendre les résultats avec des pincettes

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ANALYSE - Dimanche, les Catalans ont été invités à se prononcer sur l'indépendance de leur région par rapport à Madrid. 80% des votants se sont exprimés en faveur du "oui". Mais pour la presse espagnole, le résultat, bien que symbolique, reste à analyser avec prudence. Metronews vous explique pourquoi.

► Un scrutin boycotté par les opposants
C'est la principale attaque des opposants à la consultation : seuls les militants pro-indépendance se sont déplacés dimanche pour s'exprimer. En effet, en 2012, les partis indépendantistes catalans avaient réuni 1,7 million de suffrages. Soit pratiquement le même nombre que les votants du "oui" au référendum de dimanche (1,6 million). Les opposants avaient par ailleurs indiqué qu'ils boycotteraient le scrutin. Dénonçant un "simulacre de référendum", le journal de centre droit El Mundo, opposé aux nationalismes régionaux, a affirmé ce lundi matin qu'Artur Mas "est seulement parvenu à mobiliser les siens, et même pas tous".

► Un scrutin "illégal"
Depuis le début, la consultation organisée par Artur Mas, le président de la région Catalogne, a été interdite par le Conseil constitutionnel espagnol. Le vote n'a donc aucune valeur légale, en l'absence de commission électorale et de recensement. Le ministre espagnol de la Justice a d'ailleurs dénoncé "une journée de propagande politique organisée par des forces favorables à l'indépendance et sans aucune validité démocratique".

EN SAVOIR + >> Avec 80,7%, le oui écrase le non et met Madrid en colère

► Pas de transparence sur les votes
Qui dit scrutin "illégal", dit absence de modalités d'organisation. Dans un éditorial publié ce lundi, le quotidien El Pais a souligné qu'en l'absence de listes électorales et de "système transparent de dépouillement" du scrutin, les résultats du vote de dimanche ne peuvent "être interprétés avec exactitude tant sur le plan politique que des chiffres". Par ailleurs, les résultats finaux ne seront connus que fin novembre.

► Mais un signe fort
Pour autant, même si le vote reste symbolique, il reste une étape importante que Madrid ne peut ignorer. Pour El Mundo, "Rajoy doit, à partir de maintenant, chercher une solution politique pour la Catalogne car la loi à elle seule ne suffit pas pour arrêter une demande d'indépendantisme qui capte des adeptes chaque jour". Le journal catalan El Periodico a quant à lui appelé à une "sortie du labyrinthe", qui doit "passer par une politique de haut vol, c’est-à-dire par la négociation".

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