Référendum en Italie : quelles conséquences après le "Non" et la démission de Renzi ?

DirectLCI
LA SUITE - Après la large victoire du "Non" au référendum sur la réforme du processus législatif en Italie, Matteo Renzi a annoncé son intention de quitter la présidence du Conseil. Reportée à la demande du président, sa démission est survenue mercredi 7 décembre. Cette décision ouvre une période d'instabilité, à l'échelle nationale et continentale.

Un résultat sans appel et une conséquence immédiate. "Pour mon gouvernement, l’expérience s’arrête ici", a annoncé Matteo Renzi, après que sa proposition de réforme constitutionnelle a été rejetée par 60% des électeurs, dimanche 4 décembre. Après un report à la demande du président italien, dans l'attente de l'adoption du budget 2017, il a présenté sa démission mercredi 7 décembre. Le début d'une nouvelle phase d'incertitude pour l'Italie.


 Appelés à se prononcer sur une simplification du processus législatif, réduisant de fait les pouvoirs du Sénat, les Italiens se sont prononcés contre leur chef de gouvernement, au cours d'un référendum qui avait pris la tournure d'un vote sur la personne de Matteo Renzi. Avec la démission du président du Conseil, la politique italienne va devoir se réorganiser.

Lire aussi

La pression du Mouvement 5 Etoiles

En proposant ce référendum, Renzi avait réussi à fédérer l’ensemble de la classe politique contre son projet. De l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par le sulfureux Mouvement 5 Etoiles (M5S), et au sein même de son Parti démocrate, les personnalités politiques à faire campagne contre ce projet étaient nombreuses.


Mais si l’opposition soutenait d’une même voix le choix du non, "elle a commencé à se disputer, dès cette nuit", sur la suite des événements. La droite, très divisée, a repris ses combats entre aspirants leaders, et les populistes du Mouvement 5 étoiles ont entrepris d’"appeler à des élections tout de suite", note la presse italienne.

Reconfiguration politique

Pour autant, celles-ci ne pourront avoir lieu sans une réforme de la loi électorale en vigueur à la Chambre des députés. Un gouvernement technique devrait donc être nommé dans les prochains jours, avant que le futur président du Conseil - le cinquième en cinq ans, ne mette en place la procédure.


Après avoir remporté les mairies de Rome et de Turin, le mouvement de Beppe Grillo s’estime bien placé pour désormais gouverner à l’échelle nationale. "A partir de demain, nous allons commencer à travailler à l’élaboration du futur programme [du M5S] et de l’équipe qui composera le futur gouvernement", a déclaré Luigi Di Maio, vice-président de la Chambre des députés qui, à 30 ans, est pressenti pour être le candidat du mouvement populiste à la présidence du Conseil.


Face à la montée en puissance des partis se présentant comme "anti-système", le Parti démocrate pourrait trouver en Forza Italia - la formation de Silvio Berlusconi - un allié important pour se maintenir au pouvoir.

"Quitaly" ?

Ce résultat renforce le sentiment de déconnexion entre les garants de la social-démocratie en Europe, et des populations toujours plus enclines à "renouveler les dirigeants politiques", aussi flous et divers soient leurs programmes.


Si les conséquences concrètes ne sont pas encore connues, le résultat de ce vote amplifie l’incertitude sur l’avenir de l’Union Européenne et la zone euro. La valeur de la monnaie commune atteignait ce lundi matin son plus faible niveau depuis mars 2015, à 1,0506 dollar.

Lire aussi

Suffisant pour conduire à une sortie de l'Union Européenne ? Le M5S a lui d'ores et déjà annoncé la tenue d'un référendum sur la question, en cas d'arrivée au pouvoir.

En vidéo

Démission de Matteo Renzi : l'UE dans une zone de turbulences économiques

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter