Un ministre turc en meeting à Metz : Ayrault appelle à "l'apaisement" et à la fin des "provocations"

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BIENVENUE - Mevlut Cavusoglu est arrivé en Lorraine samedi soir après s'être vu notifier une interdiction d'interdire aux Pays-Bas, créant une crise diplomatique entre Ankara et La Haye. Son déplacement en France a été "accepté" par le Quai d'Orsay, a indiqué la préfecture. "Le fait qu'il puisse tenir son meeting tient aussi de la liberté de réunion", précise une source diplomatique française à l'AFP.

La tension entre les Pays-Bas et la Turquie a gravi un échelon. Après avoir refoulé le ministre turc des Affaires étrangères, qui devait se rendre à Rotterdam pour un meeting de soutien au président Erdogan, La Haye a expulsé la ministre turque de la Famille, en visite dans la même ville. Arrivée par la route depuis Dusseldorf en Allemagne, Fatma Betül Sayan Kaya a été reconduite à la frontière dans la nuit de samedi à dimanche. Près d'un millier de manifestants munis de drapeaux turcs s'étaient rassemblés dans la soirée près du consulat de Turquie à Rotterdam, avant d'être dispersés par les policiers à l'aide de canons à eau.

Des incidents qui n'ont pas empêché Mevlut Cavusoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, d'arriver en Lorraine ce samedi soir. Il est attendu à Metz "en début d'après-midi" pour participer à un meeting à l'invitation de la branche lorraine de l'Union des démocrates turcs européens (UETD), qui organise des meetings électoraux pour le parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan. Sa venue a été "confirmée" ce samedi par Alain Carton, le secrétaire général de la préfecture de Moselle, qui précise que ce déplacement a été "accepté par le ministère des Affaires étrangères". 

La préfecture n'a pas jugé bon de l'annulerUne source diplomatique française sur le meeting de Metz

"La préfecture est chargée de la sécurité de la manifestation et des abords et le fait qu'il n'y ait pas de trouble à l'ordre public, ce qui a priori ne sera pas le cas", a-t-il ajouté. Même discours du côté du Quai d'Orsay, où Jean-Marc Ayrault a, dans un communiqué, appelé à "l'apaisement" et rappelé à Erdogan "d'éviter les excès et les provocations" ainsi que "son attachement aux principes démocratiques". "Le ministère des Affaires étrangères a été informé de la venue du ministre", avait indiqué une source diplomatique française à l'AFP.  "Le fait que le ministre turc puisse tenir son meeting tient aussi de la liberté de réunion", a-t-elle souligné. Au regard de la question de trouble à l'ordre public, "la préfecture n'a pas jugé bon de l'annuler", a-t-elle présumé.

Des risques de troubles à l'ordre public, c'est la raison avancée par plusieurs pays pour interdire vendredi la tenue de meetings électoraux en présence de membres du parti AKP. Une manière pour l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche d'exprimer leur malaise face à cette campagne du gouvernement turc pour le référendum du 16 avril sur le renforcement des pouvoirs présidentiels en Turquie.

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