Les personnes déplacées représentent plus de 1% de l'humanité, l'ONU s'alarme

Les personnes déplacées représentent plus de 1% de l'humanité, l'ONU s'alarme
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CHIFFRES - Près de 80 millions de personnes ont dû quitter leur foyer pour fuir la violence et vivent aujourd'hui loin de chez elles. Un chiffre record qui a doublé en l'espace d'une décennie.

Un triste record. Quelques 79,5 millions de personnes ont dû quitter leur foyer pour fuir les guerres, la persécution, les violations des droits humains et vivent aujourd'hui loin de chez elles, a annoncé l'ONU ce jeudi. Leur nombre a doublé en une décennie. Le dernier rapport du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) estime que fin 2019, plus de 1% de l'humanité - soit une personne sur 97 - était réfugiée, demandeuse d'asile ou "déracinée" avec de moins en moins de perspectives de rentrer dans sa région d'origine. "Le HCR n'a jamais constaté de chiffre plus important que celui-ci", explique l'institution.

La Syrie, un sixième du total à elle seule

D'après le rapport statistique du HCR, l'augmentation annuelle du nombre de personnes déracinées - qui représentait 70,8 millions d'individus à la fin 2018 - tient principalement à deux facteurs. D'abord, de nouvelles vagues préoccupantes de déplacements en 2019 en Afrique et au Moyen-Orient, notamment en République démocratique du Congo, dans le Sahel et au Yémen. Mais également en Syrie, "qui vit actuellement sa dixième année de conflit et représente à elle seule 13,2 millions de réfugiés, demandeurs d'asile et de déplacés internes, soit un sixième du total mondial", développe l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

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Ensuite, une dégradation de la situation en Amérique du sud, où le statut des Vénézuéliens hors de leur pays est particulièrement préoccupant, selon le HCR : "Beaucoup ne sont pas légalement enregistrés en tant que réfugiés ou demandeurs d'asile alors même qu'ils devraient faire l'objet de dispositions visant à assurer leur protection".

Au moins 30 millions d'enfants concernés

Au moins 100 millions de personnes ont été forcées de fuir leur foyer durant les 10 dernières années pour trouver refuge, ailleurs dans leur pays ou à l'étranger. "Autrement dit, il y a davantage de personnes déracinées que l'entière population de l'Égypte, le quatorzième pays le plus peuplé au monde", illustre le rapport. Parmi ces personnes déplacées, le nombre d’enfants est estimé entre 30 et 34 millions : cela correspond au total cumulé des populations de l'Australie, du Danemark et de la Mongolie. 

Par ailleurs, "80% des personnes déracinées à travers le monde se trouvent dans des pays ou des territoires affectés par l'insécurité alimentaire et la malnutrition aiguë, dont de nombreux pays confrontés aux risques climatiques et aux catastrophes naturelles", décrypte le HCR.

Les perspectives d'une issue rapide aux souffrances des réfugiés s'amenuisent toujours davantage- Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

Le rapport signale également que "les perspectives d'une issue rapide aux souffrances des réfugiés s'amenuisent toujours davantage". Dans les années 1990, 1,5 million de réfugiés en moyenne pouvaient rentrer dans leur pays d'origine chaque année. Au cours de la dernière décennie, ce chiffre est passé à environ 385.000, attestant d’une croissance des déplacements très supérieure aux retours à la normale. "Nous assistons à un changement de réalité où les déplacements forcés sont à la fois beaucoup plus fréquents, et où le phénomène n'est plus à court-terme et transitoire", détaille le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

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Face à ces chiffres dramatiques, le HCR "exhorte ce jour tous les pays à travers le monde à faire davantage pour offrir un foyer aux millions de réfugiés et autres personnes déracinées par les conflits ou tout autre événement bouleversant l'ordre public". 

Filipo Grandi estime que la communauté internationale "ne peut attendre des gens qu'ils vivent dans la tourmente pendant des années", sans possibilité de rentrer chez eux ou de se bâtir un avenir là où ils se trouvent. Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés martèle que "nous devons adopter une attitude fondamentalement novatrice et davantage accueillante à l'égard de ceux qui fuient, conjuguée à un effort résolu pour mettre fin aux conflits qui perdurent depuis des années et sont à l'origine même de ces intenses souffrances".

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