Refus d'embaucher une femme voilée : Abercrombie désavouée par la Cour suprême américaine

Refus d'embaucher une femme voilée : Abercrombie désavouée par la Cour suprême américaine

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JUSTICE - La Cour suprême des Etats-Unis a tranché lundi en faveur d'une jeune musulmane que la marque Abercrombie avait refusé d'embaucher car elle portait le voile.

Liberté religieuse contre politique vestimentaire. Dans une décision quasi unanime, de huit juges sur neuf, la Cour suprême des Etats-Unis a tranché en faveur d'une jeune femme que la marque branchée Abercrombie & Fitch avait refusé de recruter comme vendeuse car elle portait un foulard islamique.

La discrimination religieuse à l'embauche n'est pas tolérable, même quand le postulant ne fait pas explicitement une demande d'aménagement du règlement, a estimé la Haute Cour. Un employeur ne "peut pas faire de la pratique religieuse d'un postulant, qu'elle soit confirmée ou pas, un facteur d'embauche", a-t-elle poursuivi. Depuis l'audience du 25 février, la marque sentant le vent tourner avait renoncé aux torses nus et aux abdos saillants pour appâter le client à l'entrée et décidé de ne plus appeler ses vendeurs des "mannequins" : ils sont maintenant des "représentants de la marque".

Décolletés ou torse nus

Les magasins A&F étaient également réputés pour ses vendeuses aux tailles de guêpe et aux décolletés généreux, portant jupes courtes et liquettes ajourées. Les vendeurs étaient tenus de présenter le "style Abercrombie" aux clients et afficher "le style du lycéen classique de la côte est" des Etats-Unis. Mais la jeune Samantha Elauf, 17 ans à l'époque des faits, portait un foulard noir lors de l'entretien de recrutement pour un poste de vendeuse à Tulsa, Oklahoma (sud). Elle s'était vue refuser le poste.

Abercrombie arguait que la candidate n'avait pas mentionné sa confession ni demandé explicitement d'aménagement de sa politique vestimentaire en fonction de sa religion. La jeune femme affirmait de son côté que la marque ne pouvait ignorer qu'elle était musulmane et aurait dû lui demander si elle était prête à s'adapter. Aux Etats-Unis, la loi interdit la discrimination religieuse à l'embauche, sauf si l'employeur démontre qu'il ne peut pas "aménager raisonnablement" son activité pour la conformer à une pratique religieuse.

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