Soupçons de fraude fiscale : Carlos Ghosn en garde à vue au Japon, Renault sous tension

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JUSTICE - Carlos Ghosn, ex-PDG de Nissan et actuel patron de Renault, est soupçonné d'avoir dissimulé une partie de son salaire au fisc japonais. Aux alentours de 20 heures, heure locale (midi heure française), il a été arrêté et placé en garde à vue à Tokyo, a confirmé le parquet local à l'AFP. L'Etat français s'inquiète de la situation à la tête du groupe français.

Carlos Ghosn est en garde à vue, a confirmé le parquet de Tokyo dans la nuit du 19 au 20 novembre. Le PDG de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi est soupçonné de fraude fiscale par la justice japonaise. Plus exactement, l'homme d'affaires est accusé d'avoir "minimisé sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015". Alors que ses revenus sur cette période s'élevaient à 10 milliards de yens, soit 75 millions d'euros au cours actuel, il n'en a déclaré que moins de la moitié (environ 37 millions d'euros. 


Un constat établi après des mois d'enquête réalisés par sa propre entreprise, Nissan, qui a transmis ces informations au parquet. Des résultats que le patron du constructeur japonais Hiroto Saikawa a commentés froidement "C'est le côté obscur de l'ère Ghosn". Extrêmement choqué de son propre aveu, il a dénoncé les problèmes de gouvernance au sein de l'alliance : "C'est un problème que tant d'autorité ait été accordée à une seule personne", dénonçant par ailleurs "de nombreuses autres malversations, telles que l'utilisation de biens de l'entreprise à des fins personnelles".

Carlos Ghosn, qui est arrivé au chevet de Nissan au printemps 1999 pour redresser le constructeur nippon, tout juste uni au constructeur français, a passé le relais en avril 2017 à son dauphin, Hiroto Saikawa, tout en restant à la tête du conseil d'administration. En tant que PDG de Nissan, il avait touché pour la période d'avril 2016 à mars 2017 quasiment 1,1 milliard de yens (8,8 millions d'euros au cours de l'époque).


Il dirige aussi le conseil d'administration du constructeur Mitsubishi Motors, qu'il a sauvé de la débâcle fin 2016 en prenant une participation de 34% dans le groupe. A 12 heures, le titre Renault, coté à Paris, cédait plus de 12% à 56,72 euros. L'avenir du constructeur français, indirectement éclaboussé par l'affaire, n'a pas échappé à nos dirigeants politiques. Ainsi Emmanuel Macron et Bruno Le Maire, son ministre de l'Economie, ont-ils assuré de leur "extrême vigilance" quant à la sécurisation de l'emploi en France.


Le colocataire de Bercy, invité de France Info, a assuré de son côté qu'aucune fraude fiscale ne lui avait été remontée en France. "Il n'y a rien de particulier à signaler", a-t-il précisé, ajoutant qu'il souhaitait la mise en place d'une gouvernance intérimaire pour diriger le groupe. Une inquiétude que semble partager le groupe Renault, dont le conseil d'administration se réunit ce mardi pour analyser la situation.

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