Renseignement, armement... Que fait la France en Irak ?

Renseignement, armement... Que fait la France en Irak ?
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CONFLIT - Après les livraisons d'armes et de matériel humanitaire, la France a procédé à ses premiers vols de reconnaissance militaire en Irak ce lundi matin. Une nouvelle étape dans son engagement contre les djihadistes de l'État islamique (EI). Quel rôle exact joue la France dans la région ? Eléments de réponse

Le top départ de la mission a été lancé lundi à 9 heures. Deux avions français de type Rafale ont décollé de la base d'Al-Dhafra , aux Emirats arabes unis, direction l'Irak, à 1.800 kilomètres de là. Ces avions, équipés d'appareils de prise de vues de hautes précision, effectuent une mission dite "Intelligence, Surveillance, Reconnaissance" (ISR). Objectif : dessiner une cartographie la plus précise possible des positons et du matériel des forces djihadistes de l'Etat islamique (EI), contre lesquels la France s'est engagée à combattre. Au même moment, à Paris, les représentants d'une vingtaine de pays se réunissaient autour de François Hollande pour définir le rôle de chacun au sein de cette coalition internationale anti-djihadiste.

Celui de la France, pour l'instant, est triple. En envoyant ses avions en repérage, la France entend d'abord participer à la planification et aux décisions des opérations militaires. Les bombardements des positions de l'EI (également appelé le Daesh) sont pour l'instant du ressort des Etats-Unis uniquement. A Al-Dhafra, qui servira de base arrière aux opérations françaises, les 716 soldats tricolores se tiennent cependant "prêts à intervenir à tout moment", comme leur a demandé le ministère de la Défense Jean-Yves Le Drian, venu sur place lundi. Outre des soldats, cette base aérienne abrite six Rafale, un avion ravitailleur Boeing et un avion "espion", l'Atlantique-2, qui, selon nos informations, survole l'Irak depuis le début du mois. Surnommé le "couteau suisse" de l'aviation française, il peut également servir aux bombardements.

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Des livraisons d'armes en toute discrétion

"La France se tient prête en ces moments décisifs pour sa sécurité, car c'est bien aussi de la sécurité de la France une menace le Daesh, ce pseudo Etat islamique", a souligné Jean-Yves Le Drian. "Il est certain que vous aurez ici un rôle décisif", a ajouté le ministre devant les troupes françaises, soulignant que la France disposait d'une "capacité militaire unique pour répondre aux enjeux sécuritaires de cette région" du Golfe.

La mission de la France ne s'arrête pas là. Parallèlement, l'Hexagone va en effet poursuivre ses livraisons d'armes aux peshmergas, les combattants kurdes qui affrontent les djihadistes. Plusieurs livraisons ont été effectuées depuis la mi-août en toute discrétion. Au sol, selon plusieurs médias, des unités de forces spéciales françaises auraient été éployées afin de former des combattants kurdes à l'utilisation de l'artillerie. Une information que refuse de commenter l'entourage de Jean-Yves Le Drian, qui s'en tient à la communication officielle de la France sur l'Irak : "aucune troupe au sol". Enfin, la France organise des livraisons humanitaires : plus de 63 tonnes de vivres et de médicaments auraient été parachutés au nord de Bagdad depuis cet été.

Si les Etats-Unis ont clairement pris la tête de la coalition internationale contre Daesh en autorisant les premiers les frappes au sol, la France joue donc un rôle clé dans les opérations militaires. Ce lundi, François Hollande a exhorté ses partenaires arabes et occidentaux à s'engager à leur tour "aux côtés des autorités irakiennes", jugeant qu'il n'y avait "pas de temps à perdre" face à la menace de l'Etat islamique. Refroidi par le volte-face de son allié américain dans le dossier syrien l'été dernier (Washington avait finalement renoncé aux bombardements), Paris compte cette fois assurer ses arrières en Irak et agir dans le cadre d'une véritable coalition internationale.

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