Report du vote sur le Brexit: retour sur un énième coup de théâtre au Parlement britannique

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REPORTÉ ! - Les députés britanniques ont adopté un amendement demandant le report du vote sur le nouvel accord de Brexit. Un coup dur pour Boris Johnson qui refuse de négocier un nouveau report avec l'Union européenne.

Énième rebondissement autour du Brexit ! Un amendement demandant le report du vote de l'accord de Brexit par le Parlement britannique a été adopté samedi 19 octobre par la Chambre des communes, à douze jours de la date prévue de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. Une course contre la montre qui révèle "l'incapacité des institutions britanniques à prendre une décision", selon Samuel Faure, maître de conférences en science politique et directeur des relations internationales à Sciences Po Saint-Germain (Université Paris-Seine), contacté par LCI. 

Présenté par le député britannique Oliver Letwin, l'amendement (adopté à 322 voix pour) a pour but selon son auteur de garantir que les lois d'applications, nécessaires à la mise en oeuvre de l'accord, soient étudiées et votées. "Une police d'assurance" selon Oliver Letwin, favorable à l'accord présenté au parlement, qui souhaite éviter que les partisans d'un Brexit dur sabotent ces lois d'application pour finalement provoquer un "no deal." 

Déconvenue pour Boris Johnson

Le vote de l'accord, qui devrait s'annoncer serré, n'aura donc pas lieu ce samedi. "Après trois années de surprises en surprises, on n’est plus surpris de rien", confie Samuel Faure qui déclare à propos de l'amendement qu'il s'agissait là "d'une hypothèse, l’un des cas de figure envisagé hier encore par certains observateurs." Une nouvelle qui est loin de plaire à l'exécutif britannique. "Le fait de ne même pas arriver au vote est une déconvenue pour Boris Johnson", estime Samuel Faure. Le Premier ministre britannique avait enjoint samedi aux députés d'adopter sans délai l'accord de divorce, à l'ouverture d'une séance exceptionnelle de la Chambre des communes: il s'agissait là de la première fois depuis 37 ans que les députés britanniques étaient convoqués un samedi. 

A défaut d'avoir voté pour ou contre l'accord, l'amendement déclenche de facto une loi existante qui oblige le Premier ministre britannique à demander à l'Union Européenne un report de trois mois du Brexit en cas de "no deal", sans pour autant enterrer l'accord obtenu de haute lutte à Bruxelles. Nous avons voté "clairement pour éviter une sortie brutale sans accord de l'Union européenne", a salué le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn. "Le Premier ministre doit désormais respecter la loi."

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"Ils ne parviennent même plus à voter sur l'accord"

Arrivé au pouvoir fin juillet sur la promesse de réaliser le Brexit à tout prix le 31 octobre, Boris Johnson est vent debout contre tout report de la sortie de l'UE, initialement prévue le 29 mars et déjà repoussée deux fois. "Je ne négocierai pas de report avec l'UE", a-t-il déclaré après ce nouveau revers. "Un nouveau report serait mauvais pour ce pays, mauvais pour l'Union européenne et mauvais pour la démocratie", a-t-il ensuite ajouté. 

"Avant les députés britanniques ne parvenaient pas à se mettre d'accord. Aujourd’hui ils n’arrivent même plus à voter", constate le directeur des relations internationales à Sciences Po Saint Germain.  À quoi s'attendre alors dans les prochains jours ? À un nouveau report du Brexit malgré la position du gouvernement britannique ? 

Du côté de l'Union européenne, la Commission explique que "c'est à Londres de nous donner la marche à suivre." La présidence française a quant à elle considéré qu'"un délai supplémentaire n'est dans l'intérêt de personne." Pour Samuel Faure, "il faut se mettre dans la perspective d’une instabilité qui va durer. On en a pas terminé."

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