Répression des Ouïghours : Paris dénonce les "pratiques injustifiables" de la Chine

Répression des Ouïghours : Paris dénonce les "pratiques injustifiables" de la Chine

DROITS DE L'HOMME - Jean-Yves Le Drian a fustigé mercredi un "système de répression institutionnalisé" de la Chine à l'encontre des musulmans ouïghours. Une situation également mise en lumière par un rapport de Human Rights Watch.

Un "système de répression institutionnalisé". C'est ce que Pékin a mis en place dans la région du Xinjiang pour mettre au pas les Ouïghours, affirme ce mercredi Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères. Un avis partagé par l'organisation Human Rights Watch (HRW), laquelle fustige la répression pénale qui s'intensifie à l'égard des minorités musulmanes en Chine.

Les chiffres avancés dans son dernier rapport par l'ONG parlent d'eux-mêmes : au moins 250.000 personnes ont été condamnées et incarcérées entre 2016 et 2019 dans la région autonome qui compte environ 25 millions d'habitants, dont une majorité de musulmans. Ces condamnations s'ajoutent à l'incarcération d'un million de Ouïghours dans des camps de rééducation politique évoquée par plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme. 

Un "génocide" selon les États-Unis

Si Pékin se défend de ces accusations, évoquant des "centres de formation professionnelle" destinés à lutter contre la radicalisation islamiste, le Quai d'Orsay partage le constat dressé par HRW. Lors d'une intervention ce mercredi au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, le patron de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a fustigé l'attitude de la Chine : "De la région chinoise du Xinjiang, nous parviennent des témoignages et des documents concordants, qui font état de pratiques injustifiables à l’encontre des Ouïghours, et d’un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle."

Une répression là encore chiffrée par HRW : selon leur rapport, les tribunaux locaux ont condamné plus de 99.000 personnes en 2017, contre moins de 40.000 l'année précédente, année où une campagne "Frapper fort contre le terrorisme" a été engagée en réaction à des attentats attribués à des séparatistes ouïghours. Plus de 133.000 personnes ont été condamnées en 2018 et HRW estime que le chiffre de 2019 est du même ordre que celui des deux années précédentes, même si aucun décompte officiel n'a été fourni pour 2019 et 2020.

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Les États-Unis, eux, estiment que la situation au Xinjiang relève du "génocide" et le parlement canadien a adopté mardi une déclaration en ce sens, s'attirant une réaction outrée de la diplomatie chinoise. Interrogé, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a estimé que HRW "est toujours plein de préjugés à l'égard de la Chine" et que ces accusations "ne doivent pas être crues".

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