République tchèque : Andrej Babis, ce nouveau premier ministre plus riche que Trump

DirectLCI
PORTRAIT - Au terme d'une campagne agitée par les scandales, Andrej Babis, a remporté haut la main les élections législatives en République tchèque. Surnommé le "Trump tchèque", notamment en raison de son immense fortune, il deviendra sous peu le nouveau premier ministre.

Il ne porte pas de tignasse blonde mais est surnommé le "Trump tchèque". Andrej Babis, 63 ans, est en passe de devenir le prochain premier ministre de la République tchèque. Vendredi et samedi dernier, il a remporté une large victoire aux législatives de son pays. A la tête du mouvement libéral et populiste ANO ("Oui") depuis 2011, l’homme, fermement opposé à l’adoption de l’euro, est tout aussi dur sur l’accueil des migrants. Il ne prône en revanche pas un "Czexit", se faisant plutôt partisan de réformes de l'UE en vue d'encourager la libre circulation des capitaux, des marchandises, de la main d'œuvre et des services. Une démarche plutôt logique, pour ce magnat de l’agroalimentaire de la chimie et des médias. Selon le magazine Forbes, cet ex-communiste aurait accumulé une fortune de près de 3,5 milliards d’euros. Soit près de un milliard de plus que Donald Trump. Ce qui fait de lui la seconde fortune de son pays.

Des conflits d'intérêts inévitables

Dans sa campagne, Adrej Babis promettait une politique plus "propre" dans ce pays plus corrompu que le Botswana, à en croire l'ONG Transparency International. Mais au vu de son profil, l'absence de conflits d'intérêts est difficile à croire. Premier employeur de son pays, le milliardaire possède aussi depuis 2013 les deux plus grands quotidiens nationaux.


En mai 2017, soupçonné d'évasion fiscale, celui qui était alors ministre des finances et vice-premier ministre doit démissioner. Soupçonné d'avoir acquis les titres de dette de son groupe Agrofert pour environ 55 millions d’euros pour les placer à l’étranger, il est aussi accusé d'avoir détourné 2 millions d'euros alloués par l'Union européenne aux petites et moyennes entreprises pour financer la construction d’un complexe hôtelier au sud de Prague, le "Nid de Cigogne". En octobre, il a été mis en examen pour détournement de fonds européens.


La Cour constitutionnelle slovaque a quant à elle fait ressurgir les soupçons de sa collaboration d'avant 1989 avec la police secrète communiste StB. "Il n'y a aucune preuve, je n'ai rien signé, je n'ai pas collaboré avec la police secrète", martèle-t-il. L'accusation doit faire l'objet d'une nouvelle instruction. Ces affaires ayant éclaté peu avant les élections législatives, Andrej Babis a considéré qu’il s’agissait "d’une vengeance de la part de ses anciens collègues et nourrie par l’opposition".

Ecole primaire à Paris, restaurant à Mougins

Né le 2 septembre 1954 à Bratislava, en Slovaquie, le jeune Andrej voyage beaucoup. Il fréquente tout d’abord une école primaire parisienne, avant de rejoindre Genève pour suivre son cursus secondaire. Le tout grâce à son père, qui, selon lui, est un "cofondateur du commerce extérieur slovaque", rapporte l’AFP. Diplômé d'économie, il s’est lui aussi lancé dans le commerce extérieur.


Représentant commercial de la Tchécoslovaquie au Maroc de 1985 à 1991, il regagne son pays, divisé en 1993 en deux Etats indépendants, et commence à bâtir le mastodonte Agrofert, une société financière de plus de 200 entreprises opérant dans l’agroalimentaire et la pétrochimie. Conservant visiblement quelques attaches à la France, il ouvre à Mougins, à 8 kilomètres de Cannes, un restaurant gastronomique deux fois étoilé au guide Michelin. Il est ensuite happé par la politique. "Je suis un homme riche. J'ai réalisé presque tous mes rêves. J'ai gagné beaucoup d'argent grâce à un travail honnête", affirme ce père de quatre enfants, dont deux avec sa deuxième épouse Monika, de 20 ans sa cadette.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter