Bavière : camouflet pour les alliés de Merkel, percée des Verts et de l'extrême droite

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POLITIQUE - Le parti conservateur CSU, allié incontournable pour Angela Merkel, a essuyé dimanche 14 octobre une sérieuse décote aux élections régionales de Bavière, perdant sa majorité absolue face à l'essor des Verts et de l'extrême droite.

Un camouflet électoral historique. La CSU, parti conservateur et allié  crucial pour Angela Merkel, a enregistré dimanche une défaite en Bavière, fragilisant encore le gouvernement de la chancelière allemande. Les gagnants du scrutin ? Les Verts, 2e avec 18-19%, et l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), parti d'extrême droite anti-Merkel et anti-migrants (11%).


L'Union chrétienne-sociale, "parti frère" de la CDU de Mme Merkel qui domine la région depuis les années 1950, arrive certes en tête aux régionales, mais son score d’environ 35-36% a tout d'une débâcle politique, selon les projections des chaînes publiques ARD et ZDF. Elle perd une douzaine de points par rapport à 2013, sa majorité absolue, et va être obligée de chercher une alliance inconfortable avec une ou plusieurs formations. Autre mauvaise nouvelle pour Angela Merkel, l'autre membre de sa coalition gouvernementale, les sociaux-démocrates du SPD, subissent une gifle (9,5% des voix).

Une année très difficile pour Merkel

De l'autre côté de l'échiquier politique, les Verts sont 2e avec 18-19%, et l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), parti d'extrême droite anti-Merkel et anti-migrants (11%) se retrouve au coude-à-coude avec les Freie Wähler, des conservateurs bavarois indépendants (11,6%). Les Libéraux du FDP (5%) ferment la marche. Ces résultats n'ont rien pour rassurer la chancelière, d'autant que son propre parti, la CDU, fera face à un scrutin ardu le 28 octobre en Hesse, Land que les conservateurs dirigent en coalition avec les écologistes.


Les élections en Bavière et en Hesse ne sont pas anodines pour la chancelière qui doit affronter en décembre un vote de militants pour être reconduite à la tête de la CDU. Au pouvoir dans la première économie européenne depuis 13 ans, la chancelière a connu une année très difficile, conséquence politique de sa décision de 2015 d'ouvrir l'Allemagne à plus d'un million de demandeurs d'asile. Même si elle a considérablement resserré l'accueil des migrants, Angela Merkel a été handicapée par l'essor de l'extrême droite aux législatives de septembre 2017. 

Elle a dû batailler six mois pour former une coalition gouvernementale, finalement avec des sociaux-démocrates récalcitrants. Puis, durant l'été 2018, la CSU bavaroise s'est rebellée, conduite par son chef, le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, qui a risqué à deux reprises de faire tomber le gouvernement en poussant des thèmes chers à l'AfD. La cheffe du SPD, Andrea Nahles, et la secrétaire générale de la CDU ont d'ailleurs relevé dimanche que ces crises ont contribué à la sanction bavaroise. "C'est indiscutable", a jugé la secrétaire-générale du parti Annegret Kramp-Karrenbauer.

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