Elections américaines : qui est Mike Pence, "Monsieur Propre" futur vice-président de Donald Trump ?

PORTRAIT - Mike Pence, 57 ans, sera le bras droit de Donald Trump à la Maison Blanche après avoir été son colistier durant la campagne. Un choix qui ne doit rien au hasard, tant ce cacique de la politique connaît – contrairement au milliardaire – les arcanes du pouvoir américain.

"L'Amérique a élu son nouveau président, et il est difficile d'exprimer l'honneur que je ressens (...) d'avoir le privilège de servir comme vice-président". Visiblement ému, Mike Pence ne cachait pas son plaisir mardi soir. Le 20 janvier prochain, il posera ses valises à la Maison-Blanche en sa qualité de vice-président. Une consécration après plusieurs mois de campagne harassante.

"L'excuseur-en-chef"

Le Washington Post l'a surnommé "Monsieur Propre", et CNN "l'excuseur-en-chef", pour sa propension à repasser derrière son coéquipier à chacune de ses exubérances. Ce fut le cas après que Trump s'en est pris au héros de guerre et ténor républicain John McCain, ou à la famille d'un soldat américain musulman mort au champ d'honneur. Mais aussi quand le magnat de l'immobilier a invité la Russie à rechercher les emails d'Hillary Clinton ou quand il a tenu des propos interprétés comme un appel au meurtre de cette dernière.


L'anti-Trump, donc. De quoi rassurer au sein du parti républicain. Car Mike Pence, père de trois enfants, se revendique comme "un chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre". Nul ne s'en cache, et surtout pas Donald Trump : "Je l'ai choisi pour l'unité du parti", commentait-il après sa nomination. Des premiers jours du gouverneur de l'Indiana dans le costume de colistier, on retiendra surtout une interview commune avec Donald Trump, où on le vit s'effacer derrière le candidat à la présidence, qui lui donna à plusieurs reprises l'autorisation de s'exprimer.

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Contre l'avortement et le mariage homosexuel

Un choix fait pour satisfaire l'aile conservatrice du Grand Old Party, sérieusement bousculées par Trump, longtemps favorable à l'avortement et bien peu véhément au sujet du mariage homosexuel. Des sujets sur lesquels Pence, lui, s'est toujours montré intransigeant, pour ne pas dire haineux - il a soutenu le droit des commerçants à refuser, au nom de leur religion, de servir des couples homosexuels. Il avait voulur restreindre massivement l'accès à l'avortement dans l'Indiana, y compris dans le cas où un foetus serait potentiellement porteur de trisomie. Le texte a été bloqué par la justice fédérale. Cet homme qui a été 12 ans élu du Congrès et était depuis 2013 le gouverneur de l'Etat de l'Indiana est aussi un fervent opposant au mariage homosexuel, mais il a dû s'incliner après la légalisation nationale décidée par la Cour suprême en juin 2015.

L'homme du consensus

A de nombreux égards, le CV du gouverneur de l'Indiana (nord des Etats-Unis) remplissait les critères d'expérience politique annoncés par Donald Trump. Ce dernier était à la recherche d'un colistier à la personnalité différente de la sienne, plus apte à négocier avec le Congrès. Les deux hommes s'étaient d'ailleurs opposés sur la question de l'interdiction aux musulmans d'entrer aux Etats-Unis. "Proposer d'interdire aux musulmans d'entrer aux Etats-Unis est insultant et anticonstitutionnel", avait estimé Mike Pence, avant de dénoncer dans un autre tweet la proposition de Donald Trump de fermer les frontières aux musulmans. En tant que gouverneur, il avait cependant annoncé en novembre qu'il suspendait, à l'instar d'une vingtaine d'autres Etats américains, l'accueil de Syriens dans son Etat de l'Indiana, par crainte qu'un djihadiste ne se cache parmi eux.

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