Retour à l’école : pourquoi la Belgique va plus vite et plus fort que la France ?

Retour à l’école : pourquoi la Belgique va plus vite et plus fort que la France ?
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ACCÉLÉRATION - Depuis lundi, toutes les classes de primaire ont rouvert en Belgique, mais avec une différence de taille par rapport à la France : les élèves sont accueillis tous les jours, le port du masque n'est pas obligatoire pour les enseignants, et les distances de sécurité ont disparu. De quoi faire rêver élèves et parents français ?

Si proche de nous, et pourtant... Comme d'autres voisins européens, la Belgique a opté pour un déconfinement beaucoup plus rapide qu'en France.  Dans ce pays de 11,5 millions d'habitants, où la pandémie a causé à ce jour la mort de plus de 9.300 personnes, les règles sanitaires ont été très assouplies, et cela se voit notamment dans les écoles où la vie a repris son cours presque normalement.

Depuis lundi, toutes les classes de primaire ont rouvert et accueillent tous les enfants, sur la base du volontariat ; les élèves ne doivent pas porter de masque, tandis que les distances de sécurité ont disparu. Et cela ne semble guère angoisser les parents, dont les réactions se résument assez facilement : pour une maman, c'est "un sentiment de bonheur" qui prévaut, tant "pour les enfants que pour les parents". C'est également "le soulagement de reprendre un rythme un peu normal", souligne de son côté un papa, interrogé par une équipe de TF1.

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Il faut que les enfants retournent à l'école massivement parce que ce confinement prolongé commence à avoir des effets dévastateurs sur leur santé mentale.- Caroline Désir, ministre de l'Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Et dans les faits, cela semble plutôt bien se passer pour nos voisins belges. Pour se faire une idée, il suffit de rentrer dans une classe, comme à l'école communale du Centre à Uccle, près de Bruxelles : 25 élèves sont présents, les distances de sécurité ont disparu, tout comme le masque, et l'enseignante peut travailler sans contraintes. "Je suis assise avec eux pour travailler ; s'ils ont un chagrin, je les console, je n'ai pas changé ma technique d'avant", explique Jessica Hoogaert.

Seul moment où subsiste encore un encadrement, le temps de la récréation : tout le monde joue ensemble mais à chaque classe sa zone délimitée avec des barrières qu'il est interdit de franchir. Résultat de cet assouplissement, "98% des enfants sont présents à l'école en section primaire", affirme Dominique Verlinden, le directeur de l'école. Et désormais, la quasi-totalité des 2500 écoles de Belgique francophone ont pu rouvrir leurs portes, et plus de la moitié des élèves ont pu faire leur retour en classe tous les jours de la semaine.

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Pourtant, il y a encore une semaine, les règles étaient à peu près les mêmes qu'en France : des cours en effectif limité, un à deux jours par semaine, masque obligatoire pour les enseignants. Alors, qu'est-ce qui a poussé l'Etat belge a franchir le pas ? C'est une tribune signée par une centaine de médecins réclamant le retour à l'école des enfants. D'une part ils sont "moins affectés par le virus" et "moins contagieux", et d'autre part "les indicateurs pertinents dans le suivi de l'évolution de la propagation du COVID-19 continuent à être encourageants", est-il souligné dans un communiqué.

Selon la ministre de l'Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles, après trois mois de confinement et parfois de ratés, il y avait effectivement urgence : "on sait aujourd'hui que le virus touche peu les 0-12 ans et donc il faut qu'ils retournent à l'école massivement parce que ce confinement prolongé commence à avoir des effets dévastateurs sur leur santé mentale", souligne Caroline Désir.

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En France, où l'on s'appuie sur les mêmes études scientifiques, le protocole sanitaire pourrait être allégé. C'est en tout cas ce qu'espère Jean-Michel Blanquer. Ce dernier souhaite en effet qu'une décision soit prise en ce sens vendredi lors d'un conseil de défense. "On va probablement le faire", a-t-il réagi mercredi soir sur RTL. Déjà le 13 mai, la Société française de pédiatrie avait critiqué certaines précautions "inutiles voire préjudiciables" imposées aux enfants (interdiction de jouer entre eux, refus de consoler un petit...).

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