"Retour de la France au Moyen-Orient", "coup d'Etat diplomatique" : la visite de Saad Hariri en France vue par les médias libanais

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DIPLOMATIE - Le premier ministre libanais Saad Hariri a rencontré Emmanuel Macron à Paris ce samedi pour évoquer la crise politique au Liban. Le chef du gouvernement démissionnaire a remercié la France de son soutien et a annoncé son retour au Liban pour la fête nationale ce mercredi. Une visite qui a beaucoup été suivie des deux côtés de la Méditerranée.

"Ahlan wa sahlan ! Bienvenue à Paris Saad Hariri". C’est par ce message de bienvenue posté sur Twitter qu’Emmanuel Macron a accueilli la venue du Premier ministre libanais démissionnaire. Saad Hariri, a atterri ce samedi à Paris et a été reçu à l’Elysée par le président de la République. 


Le Premier ministre libanais démissionnaire accompagné de son épouse et de son fils a annoncé lors d’une conférence de presse sur le parvis de l’Elysée qu’il se rendrait bien à Beyrouth le mercredi 22 novembre prochain et qu'il s'y exprimerait sur la situation politique de son pays. Saad Hariri, que certains commentateurs ont soupçonné d'avoir été l'otage doré de l'Arabie Saoudite pendant une douzaine de jours, a également remercié la France pour son soutien et "son amitié infaillible".

Une visite très commentée

Contactée par LCI, Pascale Asmar, doctorante en sciences du langage à l'Université Libanaise et professeure associée basée à Beyrouth affirme que cette rencontre au sommet était très attendue. "La visite de Saad Hariri a été non seulement très commentée, mais attendue avec appréhension vu l'incertitude de la situation du Premier ministre", affirme-t-elle.


"Le point de vue que partagent tous les médias, abstraction faite de l'affiliation de leurs lignes éditoriales, est le fait que la France a regagné un rôle important au Moyen-Orient. Ils ont aussi commenté à l'unanimité le traitement "spécial" réservé par l'Elysée et le Président français à l'égard de Hariri, notamment les nombreux écarts du protocole en vigueur", commente-t-elle. 


Pour l’ensemble des médias, cette invitation marque "le retour de la France comme acteur principal au Moyen-Orient." 

"La France doit sortir des dilemmes traditionnels"

Pour Frédéric Charillon, journaliste au quotidien L'Orient-le-Jour, "la France se trouve bien seule pour mener une initiative" et "soutenir le Liban et le protéger du chaos est un réflexe à Paris". Selon le journaliste, c'est l'occasion d'inaugurer la nouvelle méthode diplomatique des "équipes Macron", en tablant sur "le dialogue avec tous les acteurs, en l'élargissant même à de nouveaux. Il met aussi en garde la diplomatie française qui doit "sortir des dilemmes traditionnels : Doha ou Riyad, Sissi ou pas Sissi, Bachar ou Daech, le Hezbollah ou Hariri".


Pour Issa Goraeieb, éditorialiste au quotidien L'Orient-le-Jour, "c'est avec doigté, brio, élégance et efficacité que le président Emmanuel Macron, personnellement impliqué dans la recherche d'une solution au cas Hariri, vient d'honorer une longue tradition d'amitié et de sollicitude pour le Liban". Mais l'éditorialiste continue en spéculant que ce crochet depuis Riyad vers Paris tiendrait aussi du calcul politique et qu'il offrait l'avantage "de sauver la face aux Saoudiens en refusant au Premier ministre libanais démissionnaire l'occasion d'un triomphal vol direct pour Beyrouth". 


Pour le pureplayer francophone Libnanews, Emmanuel Macron signe là "son premier coup d'état diplomatique au Moyen-Orient."

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