Réunion à l'Élysée : pourquoi le torchon brûle à nouveau entre l'Ukraine et la Russie ?

Réunion à l'Élysée : pourquoi le torchon brûle à nouveau entre l'Ukraine et la Russie ?

CRISE DIPLOMATIQUE - Emmanuel Macron doit s'entretenir vendredi avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky et Angela Merkel. Au menu : le risque d'escalade, provoqués par la concentration de troupes russes à la frontière avec l'Ukraine.

Le conflit entre l'Ukraine et la Russie s'invite à l'Élysée. Emmanuel Macron doit recevoir ce vendredi son homologue Volodymyr Zelensky, inquiet d'assister avec impuissance à la concentration de troupes russes à sa frontière. Angela Merkel sera consultée par visioconférence pour tenter de trouver une solution pacifique à cette crise aux racines profondes. Explications. 

Que se passe-t-il entre l'Ukraine et la Russie ?

Dans le sillage de la révolution pro-occidentale qui a eu lieu en février 2014 en Ukraine, les deux pays sont devenus ennemis. La guerre dans le Donbass (à l'est du pays) a permis à Moscou de mettre la main sur la Crimée. Selon l'ONU, ce conflit a fait plus de 13.000 morts et près d'un million et demi de personnes ont été déplacées. Depuis, les deux voisins vivent un conflit larvé, entre des trêves plus ou moins respectées et de brusques coups d'éclats. Depuis janvier dernier, la nervosité a pris le dessus. 

Tout d'abord sur le plan diplomatique - le 11 février, à l'ONU, la Russie a été accusée d'obstruction à une solution du conflit -, puis sur le terrain. Le 5 mars, l'Ukraine a dénoncé en effet une flambée de violence dans l'Est du pays, appelant ses alliés occidentaux à intervenir alors que Moscou dit craindre une "guerre totale" dans cette zone. Puis, à la fin du mois, un palier a été franchi quand quatre soldats ukrainiens sont tués dans un bombardement à une trentaine de kilomètres au nord de Donetsk. Depuis, ce sont des mouvements de troupes russes à la frontière qui font craindre le pire.

Pourquoi la Russie place ses troupes à la frontière ukrainienne ?

Kiev a en effet accusé Moscou de masser des troupes à ses frontières, estimant lundi leur nombre à 83.000 soldats, dont environ la moitié en Crimée. La Russie n'a pas démenti ce déploiement tout en insistant qu'elle "ne menaçait personne" et dénonçant en retour des "provocations" ukrainiennes. Elle a aussi assuré qu’il s'agissait de manœuvres militaires dues à l'agressivité de l'Otan et de l'Ukraine. Le gouvernement ukrainien, lui, craint que Moscou ne cherche à provoquer un casus belli pour tenter de justifier une opération armée : largement considérée comme le parrain des séparatistes, la Russie a prévenu qu'elle irait à la rescousse de ses ressortissants en cas d’offensive ukrainienne. La Russie a distribué dans les zones aux mains des rebelles des centaines de milliers de passeports russes.

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Que veulent les Occidentaux ?

Depuis l'annexion de la Crimée en 2014, la France et l'Allemagne ont un rôle de médiateur dans le conflit ukrainien. Notamment dans le cadre du dialogue quadripartite avec la Russie et l'Ukraine (appelé "format Normandie"). Ils s'étaient réunis à Paris en décembre 2019 avec le président russe Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky.

Plus globalement, les alliés occidentaux de l'Ukraine ont affiché leur soutien à cette ex-république soviétique, qui ambitionne depuis l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux en 2014 d'intégrer l'Otan et l'Union européenne. L'Ukraine exhorte cependant les Occidentaux à lui fournir un soutien "pratique", au-delà des mots. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ainsi appelé à accélérer l'adhésion de son pays à l'Otan.

Que veut Vladimir Poutine ?

Le timing de cette nouvelle crise est tout sauf anodin. Nombre d'observateurs estiment que Moscou comme Kiev testent le nouveau président américain Joe Biden pour voir jusqu'à quel point il est prêt à venir en aide à l'Ukraine et à défier le Kremlin. D'autres estiment que la Russie veut envoyer un message à l'Ukraine, qui a imposé récemment des sanctions envers l'un de ses députés prorusses, Viktor Medvedtchouk, et interdit trois chaînes de télévision qui lui sont liées. Autre hypothèse non négligeable : Kremlin veut susciter une poussée patriotique parmi les Russes avant les législatives de septembre. Le principal opposant russe, Alexeï Navalny, a été emprisonné, mais le parti du pouvoir, Russie Unie, est très impopulaire.

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