Richmond, Mississippi... des Etats du Sud des Etats-Unis continuent à retirer des symboles confédérés

Richmond, Mississippi... des Etats du Sud des Etats-Unis continuent à retirer des symboles confédérés

HISTOIRE - Des statues déboulonnées ici, des drapeaux retirés là… Poussé par une vague de protestation historique contre le racisme dans le pays, le Sud des Etats-Unis tire un trait sur son lourd passé pro-esclavage.

Alors que les manifestations contre le racisme et les violences policières, qui se succèdent depuis la mort de George Floyd à Minneapolis le 25 mai, ont relancé le débat sur l’héritage esclavagiste du pays, le Sud des Etats-Unis a commencé à tourner la page de son passé confédéré.

En Virginie, la ville de Richmond, ancienne capitale du Sud pendant la guerre de Sécession (1861-1865), a démonté mercredi 1er juillet un premier monument en mémoire de l’armée confédérée. Des employés municipaux ont déboulonné la statue de Thomas "Stonewall" Jackson, un général de l'armée du Sud. 

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Plus symbolique encore, la statue du commandant en chef de l'armée sudiste, le général Robert Lee, qui trône depuis un siècle sur une place de la ville, va également être retirée.

"Commencer à guérir"

Le maire, Levar Stoney, a justifié sa décision par la nécessité de "tourner la page" du passé pour la ville. "Depuis la fin officielle du statut de capitale de la confédération il y a 155 ans, nous sommes sous le poids de cet héritage", a-t-il expliqué dans un message vidéo sur Twitter. "Ces statues, quoique symboliques, ont placé une ombre sur les rêves de nos enfants de couleur. En les enlevant, nous pouvons commencer à guérir et concentrer notre attention sur l'avenir", a souligné l'édile, un Afro-Américain de 39 ans.

"Le retrait de ces monuments n'est pas une solution pour (régler) les injustices raciales qui sont profondément enracinées dans notre ville et notre pays", a-t-il toutefois admis, citant par ailleurs un impératif de "santé publique" en pleine pandémie de coronavirus alors que les opposants à ces statues se rassemblent "depuis 33 jours consécutifs" pour demander leur retrait.

Le sort des statues, qui sont pour leurs défenseurs un symbole de l'héritage historique du Sud des Etats-Unis, reste indéterminé. Elles seront remisées jusqu'à ce qu'une solution définitive soit trouvée, a précisé Levar Stoney. Le président Donald Trump a dans le passé estimé que leur disparition reviendrait à "mettre en pièces" l'histoire et la culture américaine.

Dans le Mississippi, un drapeau retiré

Plus au Sud, le Congrès du Mississippi a pour sa part voté le retrait du drapeau au symbole confédéré de son capitole, dans sa capitale, Jackson, un moment historique pour cet Etat marqué par les blessures de la période de l'esclavage.

C'était le dernier drapeau d'un Etat américain comportant l'étendard - fond rouge, croix bleue en diagonale avec des étoiles blanches - qui représentait les Etats sudistes, opposés à l'abolition de l'esclavage. Après avoir flotté devant le siège du gouvernement pendant 126 ans, il a été abaissé sous les applaudissements, lors d'une cérémonie officielle.

A  majorité républicaine, les deux chambres de l'assemblée avaient approuvé dimanche le retrait de ce symbole controversé, 19 ans après avoir voté massivement pour son maintien. "Aujourd'hui, nous acceptons notre passé et nous nous tournons vers l'avenir", a déclaré le  président républicain de la Chambre, Philip Gunn. "Ce drapeau a flotté sur nos meilleurs et nos pires moments" et pour certains, "il a fait peser une ombre sur leur lutte pour devenir libres", a-t-il ajouté. 

Le sénateur noir John Horne a affirmé que les manifestations après la mort de George Floyd avaient eu "un impact extraordinaire" sur cette décision historique.

Une commission devra plancher sur un nouveau drapeau pour le Mississippi, qui contiendra la devise américaine "In God We Trust" d'ici novembre, lorsque les électeurs pourront voter pour l'approuver ou non.

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