"Rien ne remplace les câlins" : une famille séparée entre la France et la Chine à l'épreuve du Covid

"Rien ne remplace les câlins" : une famille séparée entre la France et la Chine à l'épreuve du Covid
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TÉMOIGNAGE - La pandémie de coronavirus a mis le monde à l'arrêt, et séparé certaines familles. Olivier Grandjean, habitant français de Pékin, n'a pas revu sa fille depuis plus de six mois, et craint de ne pas la revoir en 2020. Il témoigne pour LCI.

"Notre famille est séparée, et le temps est long." La pandémie de coronavirus qui a démarré dès la fin de l'année 2019 en Chine a bouleversé le quotidien de l'ensemble de la planète. L'Asie a d'abord été le premier continent touché par le Covid-19, avant que le virus ne se propage en Europe et en Amérique. Conséquence, malgré les rapatriements organisés par la France, de nombreuses familles se retrouvent séparées de longue date.

Olivier Grandjean, animateur à la télévision chinoise, est dans ce cas. Lui habite à Pékin avec son épouse Séverine et son fils Aurélien, mais sa fille, Léa, vit habituellement à Montréal (Canada), pour ses études. Elle est depuis rentrée en France pour les vacances. "Elle ne peut pas nous rejoindre, et nous ne pouvons pas non plus la retrouver en France, sous peine de ne pas pouvoir revenir en Chine", déplore Olivier Grandjean à LCI. "Notre famille est donc séparée, et le temps est long."

"Tout s'est écroulé"

Leur dernières retrouvailles remontent désormais à plus de six mois. "Nous ne l'avons pas vue depuis Noël", décompte le Pékinois. "Nous devions aller en France en juillet avant de revenir avec elle en Chine fin août. Nous avions même déjà réservé nos vols. Mais tout s'est écroulé."

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La raison ? Le retour du coronavirus à Pékin. Depuis une semaine, la capitale chinoise s'est refermée sur elle-même, après la découverte de plus de 150 cas. "Il n'est quasiment plus possible de sortir de la ville", nous racontait ce mercredi Olivier Mourot, président de "Pékin Accueil". Les écoles sont fermées, certains quartiers entiers sont confinés, et les transports restent à l'arrêt.

Toutefois, cette situation n'inquiète pas particulièrement Olivier Grandjean. "Ce virus ne nous fait pas peur. Le gouvernement chinois fait une guerre totale contre lui, d'une efficacité inégalée dans le monde", estime-t-il. Pékin assure désormais que l'épidémie y est "sous contrôle".

"Pour les prochains mois, nous sommes dans le flou total"

Cette résurgence de la pandémie complique tout de même la situation. La Chine n'avait pas connu le moindre cas de coronavirus depuis deux mois, tandis que l'épidémie recule en Europe, notamment en France. Les nouveaux cas chinois ont éteint les espoirs des expatriés de revoir leur famille d'ici peu. "Les conséquences de la nouvelle présence du virus sont très pénalisantes en termes de regroupement familial, de mobilité et de projection dans le futur proche", avoue Olivier Grandjean.

Le Pékinois craint même de ne pas revoir sa fille avant plusieurs mois, "sans doute pas avant le prochain Noël". "Léa voudrait venir" en Chine "en août, mais cela est compromis, nous sommes dans le flou total pour les prochains mois", reconnaît l'ancien animateur de l'émission "Intervilles Paris-Pékin", en 1999 sur TF1. En attendant de se revoir, leurs seuls échanges sont virtuels. "Heureusement, WeChat est là pour se parler en 'visio' très souvent, mais rien ne remplace les embrassades et les câlins."

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Olivier Grandjean a même dû renoncer à l'anniversaire de sa fille, le 10 juin dernier. "C'est cruel car Léa vient d'avoir 20 ans, et nous n'avons pas pu le fêter ensemble comme nous le voulions tant", regrette-t-il. "Nous ne pourrons pas rattraper cela, ni lui faire la surprise d'un voyage, d'une grande fête, aucun cadeau 'historique' à partager."

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