Robots : voici les emplois qu'ils ne vont pas nous piquer

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FUTUR - Les études se multiplient pour tenter de prédire le nombre d'emplois que la transition numérique va supprimer. Metronews a interrogé deux experts du secteur pour dresser la liste des professions qui seront le moins impactées.

L'étude publiée dimanche dans le JDD a sans doute achevé de fâcher les hommes avec les robots. Selon le cabinet Roland Berger , les systèmes numériques - incluant robots et programmes informatiques – pourraient supprimer jusqu'à 3 millions d'emplois en France d'ici 2025, principalement dans l'agriculture, l'industrie, la construction et l'administration.

"Toutes les tâches pénibles et répétitives seront effectuées par des systèmes automatisés", prédit André Montaud, directeur du réseau technologique Thésame. Avec l'essor des machines apprenantes et du volume de données disponibles (le "big data"), les professions intellectuelles ne sont pas à l'abri. Ces derniers mois, on a pu voir des systèmes automatisés s'essayer à la psychologie , le conseil médical ou la chronique journalistique .

Avec André Montaud et Bruno Bonnell, président du syndicat Syrobo et du distributeur Robopolis, metronews dresse la liste des catégories professionnelles qui devrait être le moins impactées par la transition numérique.

1 - Les emplois à haute valeur d'interaction humaine

Psychologues, assistants éducatifs et sociaux... Les métiers où le facteur humain est capital, plaçant au centre les capacités d'écoute et de compassion, devraient être parmi les moins touchés. "Même si pour 60 % des gens qui vont chez le psychologue une machine très "attentionnée" pourra faire l'affaire, il manquera aux autres cette âme qu'ont les humains", estime Bruno Bonnell.

2 - Les métiers de conception

Qu'il s'agisse de concevoir des machines ou des programmes informatiques, de dessiner les plans d'un bâtiment ou de modeler un paysage, les métiers de la conception et du design devraient être peu concernés. "C'est l'art de l'homme que d'arriver à tracer des lignes droites", juge le roboticien.

3 - Les professions artistiques

On a déjà entendu un robot chanteur ou des logiciels peintres , mais, selon Bruno Bonnell, "c'est utopique de se dire que les systèmes automatisés vont remplacer les comédiens, les musiciens et autres artistes". On imagine mal, effectivement, un robot devenir une rock-star en enchaînant simplement les riffs de guitare.

4 - Les métiers d'analyse

Juge, journaliste, officiers des armées... Les postes où l'intuition, l'esprit critique et les capacités d'"analyse multisensorielle" (dixit Bruno Bonnell) sont prépondérants devraient être sauvegardés. "Il ne suffit pas de recueillir les données boursières, comme le font déjà certains programmes, pour devenir journaliste. L'analyse de l'information est déterminante", souligne André Montaud. "Dans les sous-marins, on fait de nouveau appel aux hommes pour écouter les fonds marins", rappelle Bruno Bonnell.

Concernant les autres métiers, les spécialistes veulent rassurer : "A condition de s'adapter aux nouvelles technologies, tous les métiers vont survivre", prophétise André Montaud. Bruno Bonnell estime que de nouveaux intitulés de poste vont apparaître : "Charge à l'homme de trouver sa place".

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