Royaume-Uni : Alfie Evans, 23 mois, dans un état semi-végétatif, au cœur d’une bataille juridique

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FIN DE VIE - Le petit Alfie Evans, 23 mois, atteint d’une maladie neurologique dégénérative, se retrouve au cœur d’une bataille juridique qui oppose ses parents (qui souhaitent l’emmener se faire soigner en Italie avec le soutien du Pape François) aux autorités britanniques (qui ont décidé la fin des soins).

Alfie Evans est en train de devenir le symbole de l’épineuse et douloureuse question de la fin de vie outre-Manche. Hospitalisé depuis plus d’un an et dans un état semi-végétatif en raison d’une maladie neurologique dégénérative rare, cet enfant de 23 mois suscite débats, polémiques et bataille judiciaire en Angleterre.

Plus aucun contact avec ses parents

Alors qu’il reçoit des soins à l’hôpital pour enfants Alder Hey de Liverpool, Alfie Evans ne peut plus voir ses parents, ni sentir leur contact, ni les entendre. Depuis de longs mois, il est maintenu en vie grâce à une nutrition artificielle et une assistance respiratoire. Une situation extrême qui a contraint l’hôpital à demander la fin des soins à la justice britannique. Cette dernière a pris une décision dans ce sens. Or, les parents d’Alfie, Tom Evans et Kate James, refusent et contestent ce jugement. Ainsi, depuis la mi-avril, ils saisissent toutes les juridictions possibles pour faire annuler la décision. Cour d’appel, Cour suprême de Londres, Cour européenne des droits de l’Homme…, toutes ont estimé que la première décision de la justice britannique était la bonne et que l’hôpital devait faire ce qu’il jugeait le meilleur dans l’intérêt de l’enfant.

Les parents soutenus par le Pape François

Très croyants, les parents d’Alfie se sont tournés vers l’Italie et même le Pape François, qui s’est prononcé en faveur du maintien en vie de l’enfant. Lundi, la polémique a pris une nouvelle tournure avec l’obtention par Alfie de la nationalité italienne afin de faciliter son transfert  vers l'hôpital romain Bambino Gesù, prêt à l’accueillir pour le soigner. "Le gouvernement italien espère que le fait qu'il soit Italien pourra permettre le transfert immédiat de l'enfant en Italie", a annoncé le ministère des Affaires étrangères transalpin dans un communiqué.

Dans le même temps, lundi soir, après une nouvelle décision de la Haute Cour, l’hôpital de Liverpool a mis fin aux soins d’Alfie. Or, le petit garçon aurait continué de respirer selon son père. "Ils disent qu'Alfie souffre, a scandé Tom Evans mardi.  Mais il n'est plus relié au ventilateur et il ne souffre pas. Étant donné qu'il est resté en vie pendant neuf heures de manière complètement inattendue, je pense qu'il aura besoin d'assistance dans les prochaines heures. Je pense qu'on devrait lui accorder cela."

D’où une nouvelle requête (tentative ?) du couple de parents mardi devant la justice britannique afin d’autoriser Alfie à aller se faire soigner à l’étranger, en l’occurrence en Italie. Mais, là encore, un juge britannique a refusé ; le juge Anthony Hayden de la Haute Cour de Manchester déclarant que le dossier d'Alfie avait atteint son "chapitre final". Selon la BBC, une nouvelle audience de la Cour d’appel est prévue ce mercredi après-midi alors que l’évolution de l’état de santé de l’enfant n’est pas connue.

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