Boris Johnson, le Premier ministre des fausses informations ?

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À LA LOUPE - Boris Johnson a été élu ce mardi à la tête du Parti conservateur et succédera à Theresa May au poste de Premier ministre. Maire de Londres pendant huit ans et ministre des Affaires étrangères durant deux ans, ce fervent défenseur du Brexit dur est aussi connu pour ses frasques et ses mensonges. Un penchant pour la 'fake news' qui refait aujourd'hui surface.

Boris Johnson a été élu à la tête du Parti conservateur et deviendra le nouveau Premier ministre britannique. Il succédera à Theresa May, dont il fut son ministre des Affaires étrangères pendant deux ans, avant de démissionner en juillet 2018 pour dénoncer le report incessant du Brexit. 

Le parcours de Boris Johnson est plutôt atypique. En 1999, il devient rédacteur en chef de l'hebdomadaire politique conservateur The Spectator. Il se fait alors connaître du grand public en participant plusieurs fois à l'émission de la BBC Have I Got News for You , un quiz qui mêle humour et politique. Puis il est élu député en 2001 et remporte la mairie de Londres en 2008 face au candidat sortant. Un poste qu'il occupera jusqu'en 2016 après sa réélection en 2012, année où il devient célèbre dans le monde entier grâce aux Jeux olympiques de Londres.  


Mais Boris Johnson est aussi connu pour des fausses informations mémorables qu'il a assénées tout au long de sa carrière. Rétrospective de ses allégations les plus mémorables. 

Une citation totalement bidon pour le Times

Après ses études, Boris Johnson devient, en 1988, journaliste pour le prestigieux quotidien britannique The Times. Mais son passage sera bref, et sera congédié moins d'un an après son arrivée pour avoir inventé une citation d'un professeur en histoire médiévale. 


La citation affirmait que le roi Edouard II d'Angleterre [1284-1327] eut "un règne de débauche avec son giton Piers Gaveston" dans le château de Rose Palace, situé sur le bord de la Tamise. Or, Piers Gaveston fut exécuté une dizaine d'années avant la construction dudit château. 


Boris Johnson admettra plus tard avoir commis une énorme erreur. Cette falsification de la vérité publiée en uUne du Times lui vaudra son poste, mais n'arrêta pas pour autant sa carrière de journaliste. 

Un passage tonitruant à Bruxelles

Viré du Times, Boris Johnson s'envole finalement pour Bruxelles en 1989 où il devient correspondant pour le quotidien britannique The Daily Telegraph. C'est ici qu'il crée son personnage exubérant, pourfendeur de la Communauté européenne. Il se fit rapidement un nom pour ses articles au vitriol contre la mécanique institutionnelle bruxelloise et ses interventions en conférence de presse.   


En 1991, Boris Johnson affirma que le siège de la Commission européenne serait bientôt dynamité alors qu'on venait d'y découvrir de l'amiante. "Les militaires déposeront des charges explosives à des points clés afin que la structure puisse imploser et s'affaisser doucement. Des sources britanniques ont suggéré avec ironie que la journée de la détonation puisse être déclarée fête européenne." Un projet de démolition totalement bidon. 


Il n'hésita pas à inventer d'autres fausses informations sur la réglementation européenne, comme la disparition des chips goût crevette, la réglementation de la courbure des concombres, le nombre de bananes par grappe, etc. Des fausses informations publiées avec des titres accrocheurs, ce qui assura une certaine popularité pour ses articles auprès des lecteurs du Daily Telegraph

Mensonge sur le Brexit

Leader du Leave au sein du Parti conservateur lors du Brexit, Boris Johnson martelait un slogan efficace. "Nous donnons 350 millions de livres par semaine à l'Union européenne. Finançons plutôt notre Assurance maladie. Votez Leave." Une affirmation écrite en énorme sur son bus de campagne qui circulait à travers tout le pays. Un argument qui fît mouche dans les urnes, le 23 juin 2016 car les Britanniques votèrent pour quitter l'UE. 

Mais le calcul de Boris Johnson entre la contribution du Royaume-Uni à l'Union européenne et le financement du système nationale de santé britannique est considéré comme un raccourci par l'organisation Brexit Justice. Son fondateur, l'homme d'affaire Marcus J. Ball souhaite que Boris Johnson soit condamné par la justice pour ces allégations durant sa campagne pro-Brexit. 


Le 29 mai, un juge du Westminster Magistrate's Court de Londres a statué que Boris Johnson devrait faire l'objet d'une assignation à comparaître. Le 3 juillet, la Haute Cour de justice a finalement déclaré qu'il n'était pas prouvé que Boris Johnson exerçait une fonction publique lorsqu'il avait affirmé que le NHS pourrait toucher 350 millions de livres supplémentaires par semaine grâce à la sortie de l'UE. Brexit Justice a fait appel de cette décision. 


Sur son compte Twitter, Marcus J. Ball a assuré que la désignation de Boris Johnson comme futur Premier ministre ne changerait pas sa détermination à le voir répondre devant la justice.

Harangue sur les harengs

Le dernier fait d'arme de Boris Johnson a eu lieu lors du meeting politique devant les élus conservateurs britanniques le 18 juillet. Afin de démontrer l'absurdité des normes européennes, il brandit fièrement un sachet plastique contenu dans harengs fumés produit sur l'île de Man, située en mer d'Irlande. Il affirma que les frais d'exportation avait considérablement augmenté à cause des "bureaucrates bruxellois qui imposent un emballage en plastique et un pochon de glace pour chaque hareng." 

Mais pour la Commission européenne, la démonstration s'est avérée aussi fumeuse que le hareng pris pour exemple. Sur son compte Twitter, le commissaire européen en charge de la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, a rappelé que l'Ile de Man, bien que territoire britannique, ne fait pas partie de l'Union européenne. Cette réglementation sur le transport du hareng fumé n'est donc pas liée à Bruxelles, "cette emballage est une compétence du Royaume-Uni", rétorque le commissaire européen. Une information confirmée par la BBC qui a contacté l'Agence de sécurité alimentaire de Grande-Bretagne. 


La réglementation du hareng fumé, un domaine dans lequel le futur gouvernement Johnson pourra donc immédiatement légiférer avant même l'application du Brexit. 

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