Brexit : Boris Johnson convoqué par la justice pour "mensonge" durant la campagne du référendum

International

LONDRES - L'ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a été convoqué devant un tribunal londonien suite à des accusations de mensonges sur le coût de l'appartenance du pays à l'Union européenne. En pleine campagne pour le référendum sur le Brexit en 2016, alors qu'il était maire de Londres, il avait assuré que le Royaume-Uni donnait 350 millions de livres à Bruxelles. Un chiffre erroné.

Il veut reprendre le poste de Theresa May, mais devra d'abord s'exprimer sur ses mensonges lors de la campagne du Brexit. L'ancien maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, était convoqué par un tribunal ce mercredi 29 mai pour répondre à des accusations de "faute grave dans l'exercice de ses fonctions". Il est accusé d'avoir menti sur le coût de l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne lors de la campagne pour le référendum de 2016, alors qu'il était encore maire de la capitale. Une manipulation de l'opinion publique qui aurait été "décisive" pour la victoire du Brexit.

Le Royaume-Uni n'a jamais envoyé ou donné 350 millions de livres par semaine- Lewis Power, avocat de Marcus Ball, qui accuse Boris Johnson

Les accusations contre Boris Johnson viennent d'un homme d'affaires et militant nommé Marcus Ball. Il travaille à plein temps sur cette affaire depuis juin 2016 et a recueilli plus de 200 000 livres dans le cadre d'une campagne de financement participatif pour payer les poursuites pénales engagées contre Boris Johnson. Selon l'avocat de Marcus Ball, le fervent défenseur du Brexit a volontairement menti en disant que le Royaume-Uni versait 350 millions de livres (400 millions d'euros) par semaine à Bruxelles. "Le Royaume-Uni n'a jamais envoyé ou donné 350 millions de livres par semaine", a assuré l'avocat Lewis Power. Selon lui, Boris Johnson "savait que ce chiffre était faux. Néanmoins, il a choisi de le répéter, encore et encore", a-t-il pointé.

Selon l'affirmation de Boris Johnson, le Royaume-Uni aurait versé à l'année plus de 18 milliards de livres à l'Union européenne. Or le Royaume-Uni bénéficie non seulement d'un rabais historique négocié par Margaret Thatcher qui ramène sa contribution à 13 milliards, mais les aides européennes pour les régions, l'agriculture et le domaine de la recherche, doivent encore être déduite. En réalité, les dépenses du Royaume-Uni pour le budget européen n'ont été que de 7 051 milliards de livres sur l'année 2016. Soit environ 135 millions de livres hebdomadaires. 

Partisan du "no deal" et candidat au poste de Premier ministre

Une fois le Brexit vainqueur, Boris Johnson avait été nommé ministre des Affaires étrangères par Theresa May. Depuis ce poste, il n'avait cessé de critiquer la stratégie de la Première ministre dans les négociations avec Bruxelles, puis avait soudainement quitté le gouvernement, soutenant une rupture nette avec l'UE. 

Aujourd'hui, il est candidat pour être Premier ministre et est partisan d'un Brexit dur, préférant le "no deal" aux compromis. Pour autant, les avocats de Marcus Ball assurent que ce procès ne sert pas à lui mettre des bâtons dans les roues. "L'accusation ne porte pas sur le Brexit", a assuré l'avocat, "mais c'est lors de ce référendum que M. Johnson a choisi d'induire le public en erreur". Des accusations rejetées par l'homme politique et son avocat Adrian Darbishire, pour qui le chef d'accusation est inapproprié et la manœuvre surtout "politique".

Voir aussi

Malgré ses déboires, "BoJo" est le grand favori chez les militants de base du parti conservateur pour succéder à la Première ministre britannique Theresa May, qui démissionnera le 7 juin prochain. Il est en revanche bien moins populaire dans le monde politique, où on lui reproche ses nombreux dérapages. "La démocratie exige un leadership responsable et honnête de la part de personnes occupant des fonctions publiques", a plaidé en conséquence l'avocat Lewis Power devant le tribunal de Westminster. Suite à la séance, le tribunal a décidé que l'ancien maire devra se représenter pour une audience préliminaire - sans donner de date - qui déterminera si l'affaire doit être renvoyée devant une autre cour pour être jugée.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter