Royaume-Uni : ce que l’on sait de l’empoisonnement présumé d'un ex-espion russe

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VENGEANCE - Sergueï Skripal, un ex-agent russe au service du Royaume-Uni, est actuellement hospitalisé dans un état critique en Angleterre. La piste de l’empoisonnement est privilégiée par les enquêteurs.

L'ex-espion russe Serguei Skripal et sa fille ont été hospitalisés dimanche "dans un état critique" à Salisbury, à 140 km au sud-ouest de Londres. La piste de l’empoisonnement est privilégiée. Tous deux sont actuellement traités pour "une exposition présumée à une substance toxique", a fait savoir la police lundi soir. 


"Les deux personnes ne présentaient aucune blessure visible", a-t-elle ajouté. Les deux victimes ont été retrouvées inconscientes sur un banc, dans un centre commercial de Salisbury. "Elles donnaient l'impression d'avoir pris quelque chose de fort", a raconté à la BBC un témoin de la scène.

Un ancien agent double russe visé ?

Avec deux jours d'incertitude sur l'identité de l'homme empoisonné, Boris Johnson, le ministre britannique des Affaires étrangères, a confirmé mardi en début d'après-midi qu'il s'agissait bien de Sergueï Skripal, ancien colonel du renseignement russe, et sa fille Youlia.


Ce dernier a travaillé jusqu'en 1999 dans les services de renseignement de l'armée russe. En 2004, il est arrêté par le FSB, l’ex-KGB, et est accusé de "haute trahison" au profit des services secrets britanniques. Ceux-ci l'auraient recruté dès 1995.  En 2006, Sergueï Skripal est condamné à 13 ans de prison après avoir reconnu avoir été payé 100.000 dollars pour fournir au MI6, le renseignement extérieure britannique, les noms des agents russes présents en Europe. 


Depuis quelques années, il était réfugié en Angleterre. En 2010, il a en effet été gracié par le président russe de l'époque, Dmitri Medvedev, avant de faire l'objet, avec trois autres agents russes, d'un échange contre dix espions du Kremlin expulsés par Washington. 

L’ombre du Kremlin

Difficile de ne pas faire un rapprochement entre cette affaire et l’empoisonnement au polonium d'Alexandre Litvinenko. "Cela ressemble à ce qui est arrivé à mon mari mais nous devons attendre plus d'informations", a d’ailleurs déclaré au Daily Telegraph la veuve de l’ancien agent russe mort en 2006. Mardi, Boris Johnson a indiqué que "si l'enquête démontre la responsabilité d'un Etat, le gouvernement répondra de façon appropriée et ferme".


Si de nombreux regards sont tournés vers Moscou, le Kremlin rejette cependant toute responsabilité, assurant n’avoir "aucune information". "Vous savez pourquoi il était en Occident, à la suite de quelles actions et décisions, je ne vais pas revenir dessus. Et maintenant, nous observons qu'une situation tragique a eu lieu", a déclaré le porte-parole du Kremlin mardi matin. "Personne n'a pour l'instant demandé" à la Russie de coopérer à l'enquête, a-t-il ajouté, soulignant que "Moscou est toujours ouverte à la coopération".

Quelle substance a-t-elle été utilisée ?

Si le Guardian laisse entendre que le fentanyl, un puissant opiacé, pourrait être à l’origine de cet empoisonnement, les autorités britanniques n’ont pour l’heure donné aucune information à ce sujet. Cette substance, parfois utilisée comme une drogue, serait à l’origine de la mort de Prince ou encore de la chanteuse des Cranberries, Dolores O’Riordan.


Dans l’attente des résultats toxicologiques, l'hôpital de Salisbury a en tout cas conseillé lundi au public de ne pas se rendre aux urgences de l'établissement "sauf cas d'urgence absolue". Une porte-parole des autorités sanitaires s'est toutefois voulu rassurant, affirmant qu'il n'y "avait apparemment pas de risque immédiat pour la santé du public".

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