Créationniste, anti-avortement : le DUP, le parti hyper-conservateur d'Irlande du Nord allié de Theresa May ?

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ROYAUME-UNI - Pour s'assurer une majorité absolue après son revers aux législatives, la Première ministre britannique Theresa May a signé lundi un accord de gouvernement avec le parti nord-irlandais DUP. Des membres de cette formation ultra-conservatrice défendent des positions anti-avortement, homophobes ou créationnistes.

Pour la gauche britannique, c'est presque un pacte avec le diable qu'a signé la Première ministre Theresa May. Près de trois semaines après avoir perdu sa majorité absolue aux législatives la cheffe du gouvernement conservatrice a conclu, ce lundi,  un accord de gouvernement avec le Parti unioniste démocrate nord-irlandais (DUP), une formation ultra-conservatrice. Elle a annoncé que l'Irlande du Nord allait recevoir un milliard de livres (1,1 milliard d'euros) supplémentaires au cours des deux prochaines années dans le cadre de cet accord pour "stimuler l'économie et l'investissement".


Cet accord permet aux conservateurs d'envisager désormais sereinement le vote de confiance sur le programme de gouvernement prévu jeudi au Parlement. Avec 317 sièges de députés, un score très en-deçà de ses espérances aux législatives anticipées du 8 juin, la dirigeante conservatrice était dans l'obligation de faire alliance avec le DUP, dont les dix élus lui permettent d'atteindre les 326 sièges requis pour retrouver une majorité absolue à la chambre des Communes.


Classé parmi les partis les plus conservateurs du Royaume-Uni, le DUP ou certains de ses membres ont défendu des positions très controversées, dont le quotidien britannique The Independant a fait la liste : on y trouve des déclarations rétrogrades sur l'avortement, le réchauffement climatique, les droit des minorités sexuelles, le créationnisme... Et, cerise le gâteau, des divergences sur le Brexit, que Theresa May a commencé à négocier.

  • 1Des déclarations homophobes

    Le DUP s'oppose au mariage homosexuel, au nom de la "tradition" et avait lancé en 1977 une campagne "préservez l'Irlande du Nord de la sodomie". Un ministre DUP, Jim Wells, avait fini par démissionner en 2015 après avoir affirmé que "le lobby gay est insatiable, ils ne savent pas quand s'arrêter", et que "les enfants élevés par des homosexuels avait plus de chances d'être maltraités ou négligés, avant de s'excuser pour cette dernière déclaration".

  • 2Des positions anti-avortement

    Depuis sa création, en 1971, le DUP s'est opposé à l'avortement. En 2016, la cheffe du parti Arlene Foster affirmait ne pas vouloir "que l'avortement soit aussi facilement accessible" en Irlande du Nord qu'en Angleterre.


    En Irlande du Nord, l'avortement n'est autorisé que si la vie de la mère est en danger. En 2016, le parlement nord-irlandais a voté contre une loi élargissant le droit à l'avortement dans les cas de viol ou de malformation du foetus.

  • 3Des membres ouvertement créationnistes

    Selon l'élu DUP Edwin Poots, la Terre est "jeune" car elle a été créée 4000 ans avant J. C. Pour son collègue West Tyrone, le créationnisme, théorie qui s'appuie sur la Genèse pour expliquer l'origine de l'universn doit être "enseigné dans toutes les écoles".

  • 4Des sorties climatosceptiques

    En 2008, l'élu DUP Sammy Wilson devient ministre de l'Environnement d'Irlande du Nord. Il avait pourtant qualifié de "pseudo-religion hystérique" la croyance que le réchauffement climatique était causé par l'homme, entre autres déclarations climatosceptiques.

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En plus de ces diverses déclarations polémiques, le DUP défend visiblement une conception du Brexit éloignée de Theresa May, à l'instar de l'ensemble de la population nord-irlandaise, qui avait voté contre le Brexit. La Première ministre britannique comptait sur les dernières élections législatives pour avoir un "mandat clair" et négocier ainsi un Brexit "dur" à partir du 19 juin. Sauf que sa désormais alliée Arlene Foster, à la tête du DUP, avait déclaré que "personne ne veut voir un Brexit 'dur'", et d'ajouter : "Ce que nous voulons, c'est un plan de sortie de l'Union européenne qui soit viable (...) et qui respecte les spécificités de l'Irlande du Nord, et bien sûr, notre histoire et notre géographie communes avec la République d'Irlande."

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