Royaume-Uni : la justice refuse l'extradition de Julian Assange vers les États-Unis

Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, en 2010.

REFUS - La demande d'extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange vers les États-Unis, qui veulent le juger pour espionnage, a été refusée par la justice britannique ce lundi.

Réclamée par les États-Unis, qui souhaitent le juger pour espionnage après la publication de centaines de milliers de documents confidentiels, la demande d'extradition du fondateur de WikiLeaks a été rejetée par la justice britannique ce lundi 4 janvier à la cour criminelle de l'Old Bailey de Londres. La juge Vanessa Baraitser a invoqué un risque de suicide s'il devait être extradé vers les États-Unis pour justifier sa décision. 

Dans la salle d'audience, l'avocate Stella Moris, avec qui Julian Assange a eu deux enfants pendant sa réclusion à l'ambassade d'Équateur à Londres, a fondu en larmes. Mais la bataille judiciaire à l'encontre du lanceur d'alerte ne s'arrêtera sans doute pas là, le jugement étant susceptible de faire l'objet d'un appel. Une audience doit également se tenir ce lundi dans l'après-midi pour savoir si le fondateur de WikiLeaks doit être libéré.

Une trentaine de manifestants s'étaient rassemblés avant le début de l'audience devant le tribunal, avec des pancartes proclamant "N'extradez pas Assange, le journalisme n'est pas un crime" ou encore "Libérez la vérité, libérez Assange". L'annonce du rejet de la demande d'extradition a suscité une explosion de joie parmi les partisans du lanceur d'alerte, à Londres mais aussi un peu partout dans le monde.

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Pour rappel, Julian Assange a été arrêté en avril 2019 après sept ans derrière les murs de l'ambassade d'Equateur à Londres, où il s'était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les Etats-Unis ou la Suède, où il a fait l'objet de poursuites pour viol qu'il conteste et qui ont depuis été abandonnées. Il revenait à la justice britannique de déterminer si la demande américaine d'extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n'est pas disproportionnée ou incompatible avec les droits humains.

Il y a 10 ans, Biden le qualifiait de "terroriste high-tech"

Devenu pour ses soutiens un symbole du combat pour la liberté d'informer, l'Australien de 49 ans risque 175 ans de prison aux États-Unis pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines. Les Etats-Unis reprochent au fondateur de WikiLeaks d'avoir mis en danger des sources des services américains, accusation qu'il conteste. Parmi les documents publiés figurait une vidéo montrant des civils tués par les tirs d'un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007, dont deux journalistes de l'agence Reuters.

Après cette décision, reste maintenant à savoir quelle sera l'attitude de l'administration du futur président américain Joe Biden à l'égard du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange se trouvant sous le coup de poursuites lancées sous la présidence de Donald Trump. Sous son prédécesseur Barack Obama, qui avait Joe Biden pour vice-président, la justice américaine avait renoncé aux poursuites. Mais il y a tout juste dix ans, celui qui accèdera dans moins d'un mois à la Maison Blanche avait comparé Julian Assange à un "terroriste high-tech".

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