Royaume-Uni : la statue de Greta Thunberg qui dérange

Royaume-Uni : la statue de Greta Thunberg qui dérange

MALAISE - L'inauguration d'une statue de la figure suédoise du mouvement contre le réchauffement climatique Greta Thunberg dans une université britannique a suscité une polémique au sujet des fonds qui lui ont été consacrés.

Un symbole qui passe mal. L'université de Winchester, dans le sud de l'Angleterre, a inauguré il y a quelques jours une statue grandeur nature à l'effigie de Greta Thunberg. Une décision qui suscite une vive polémique, plus particulièrement concernant les fonds qui ont été consacrés à l'objet.

Baptisée "Make a difference", l'œuvre en bronze a été réalisée par l'artiste Christine Charlesworth. Elle a été commandée pour coïncider avec l'ouverture d'un nouveau bâtiment phare de l'université, "l'un des plus verts" de la ville selon sa présidence, avec récupération des eaux de pluie et panneaux photovoltaïques. 

La statue est "un symbole de notre engagement pour combattre l'urgence écologique et climatique dans l'élan" de la COP 26 prévue en novembre à Glasgow (Écosse), souligne l'université. En 2019, cette dernière avait d'ailleurs déclaré l'urgence écologique et climatique et s'est fixé pour objectif la neutralité carbone d'ici à 2025.

"Vanité"

Problème : si l'établissement reconnait que la Suédoise de 18 ans s'apparente "pour beaucoup à un personnage controversé" et accueille "débat raisonnés et conversations critiques", la vice-chancelière de l'université se s'attendait pas à une telle pluie de critiques. Tout en exprimant son admiration pour Greta Thunberg, le syndicat des étudiants a dénoncé dans un communiqué le montant consacré à la statue, près de 24.000 livres sterling (28.000 euros), demandant que la même somme soit allouée aux services de soutien aux étudiants.  

"Nous sommes dans une année Covid, beaucoup d'étudiants n'ont pas vraiment eu accès au campus beaucoup d'entre eux essaient de suivre leurs études en ligne et ont vraiment besoin de soutien", a déclaré à la BBC Megan Ball, présidente du syndicat des étudiants. Le syndicat de l'université a quant à lui dénoncé la "vanité" du projet, critiquant lui aussi le montant investi, qui aurait pu être utilisé pour éviter licenciements et coupes budgétaires.

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La vice-chancelière a rétorqué que la statue a été financée par des fonds qui ne pouvaient qu'être consacrés au bâtiment devant lequel elle se trouve, et qu'aucun financement n'a été dévié du "soutien aux étudiants ou de la dotation du personnel pour financer le projet". La principale intéressée, elle, n'a pour l'heure fait aucun commentaire. 

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