Royaume-Uni : les agressions racistes en forte hausse depuis le Brexit

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GRANDE-BRETAGNE - La Commission sur l'égalité et les droits de l'homme a publié un rapport présenté comme le plus vaste jamais réalisé sur les minorités ethniques au Royaume-Uni. Bilan : les délits xénophobes ont connu un "pic sans précédent" en Angleterre et au pays de Galles après le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l’UE.

Quand Brexit rime avec discrimination ethnique. Une commission gouvernementale a tiré la sonnette d’alarme ce jeudi, à l’heure où les agressions racistes s’emballent dans le pays. Une recrudescence qui intervient dans la foulée du vote en faveur de la sortie du pays de l’UE.

"La réputation durement gagnée de notre pays pour la tolérance fait très certainement face à la plus grande menace qu'elle ait connue depuis des décennies, avec des partisans de la sortie (de l'UE) qui se servent du résultat du référendum pour légitimer leurs points de vue", met en garde le rapport. Les inégalités concernent le milieu du travail, les chercheurs d'emploi diplômés venant des minorités ayant deux fois et demi moins de chance d'en trouver un qu'un Blanc. Quant aux salaires, les Noirs diplômés sont en moyenne payés 23,1% de moins que les Blancs.

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Les Polonais, première cible

"La combinaison de la hausse des crimes de haine post-Brexit et d'une profonde inégalité ethnique au Royaume-Uni est très préoccupante et doit être traitée de toute urgence", a déclaré le président de la commission, David Isaac. "Si vous êtes Noir ou issu d'une minorité ethnique (...), vous avez souvent la sensation de vivre dans un autre monde", a-t-il poursuivi, appelant le gouvernement conservateur de Theresa May à "redoubler d'efforts".

En juin, déjà, le quotidien The Independent avait relevé une centaine d’incidents durant le week-end qui avait suivi le vote. Principalement visés : les Polonais, qui étaient en 2014 la deuxième nationalité la plus représentée au Royaume-Uni, suivis juste derrière par les Indiens. L'Association sociale et culturelle polonaise, située dans l'ouest de Londres, avait par exemple été taguée. La police du comté du Cambridgeshire avait de son côté ouvert une enquête sur la distribution dans les boîtes aux lettres de tracts sur lesquels étaient inscrit : "Quittez l'Union européenne/Terminé, la vermine polonaise".

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