Royaume-Uni : un membre de l’ambassade israélienne veut "éliminer" des parlementaires "pro-Arabes"

Royaume-Uni : un membre de l’ambassade israélienne  veut "éliminer" des parlementaires "pro-Arabes"
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INTRIGUE - Dans une séquence vidéo volée, un membre de l’ambassade israélienne au Royaume-Uni explique qu’il souhaite "éliminer" les parlementaires britanniques considérés comme hostiles, dont le vice-ministre des Affaires étrangères.

La séquence vidéo volée par un journaliste d’Al Jazeera a tout pour alimenter les futurs scénarios des séries politiques. Une conversation au cours d’un diner entre un membre de l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni et une ancienne collaboratrice d’un ministre d’Etat a révélé les tentatives d'influence de la diplomatie israélienne à propos de la situation au Moyen-Orient. Le "diplomate" indique même vouloir "éliminer" certains parlementaires qu’il juge hostiles.


La discussion entre Shai Masot, qui se décrit comme un officier des services de renseignement israélien et travaille avec l’ambassade israélienne, et Maria Strizzolo, ancienne assistante du ministre d’Etat rattaché au département de l’Education et ex vice-président du Parti conservateur Robert Halfon, est enregistrée par un journaliste d’investigation travaillant pour la chaîne de télévision Al Jazeera. Il opère sous couverture, en se faisant passer pour le membre d’un groupe de pression pro-Israélien.

Un scandale pour faire tomber les parlementaires hostiles à Israël ?

Lors de cette rencontre, Shai Masot explique à Maria Strizzolo qu’il cherche à discréditer les parlementaires britanniques hostiles à Israël. "Vous savez, si vous cherchez bien, je suis sûre qu’il y a quelque chose qu’ils essaient de cacher", lui répond la collaboratrice, ajoutant plus loin dans la conversation qu’ "un petit scandale" pourrait être bénéfique. "Puis-je vous donner les parlementaires que je vous suggère d’éliminer ?", demande le membre de l’ambassade, avant de préciser au journaliste sous couverture que Maria Strizzolo le sait très bien.


Il se fait ensuite plus précis en glissant le nom du vice-ministre des Affaires étrangères Alan Duncan. "Il cause beaucoup de problèmes", justifie-t-il. Duncan s’était ouvertement montré hostile envers la politique d’extension israélienne en déclarant en octobre 2014 que "les colonies sont des colonies illégales construites dans le pays de quelqu’un d’autre. Elles constituent un vol".


Le président du comité des Affaires étrangères de la Chambre des communes Crispin Blunt fait lui aussi partie de la "hitlist" (liste de cibles), dévoile Maria Strozzolo. Shai Masot le décrit comme faisant partie des "super pro-Arabes […]. Je ne peux pas (les) supporter. Ce sont d’horribles personnes". Le membre de l’ambassade israélienne se montre en revanche plus satisfait de Boris Johnson, secrétaire d’Etat des Affaires étrangères, qu’il qualifie "d’idiot" mais qu’il trouve "bon" avec Israël. "Si quelque chose arrive, ce ne sera pas sa faute… ce sera celle d’Alan Duncan".

L'ambassade cherche à minimiser l'affaire

Face à ces révélations, la diplomatie israélienne a rapidement tenté d’éteindre le feu. L’ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni Mark Regev s’est excusé auprès d’Alan Duncan et lui a fait savoir que l’ambassade considérait les remarques (de Shai Masot) complétement inacceptables. Ce n’est pas le point de vue du gouvernement israélien, a-t-il annoncé, ajoutant que Maisot n’était pas un diplomate et qu’il verrait les termes de sa mission au sein de l’ambassade s’arrêter rapidement. 


Crispin Blunt, l’une des cibles citées dans la conversation volée, a lui estimé que de tels agissements méritaient une enquête. Un porte-parole des Affaires étrangères a expliquéque la mise au point de l'amabassadeur israélien permettait de clôre l'affaire. Celle-ci intervient alors que l'Onu a voté le 23 décembre l'arrêt de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est. Une résolution que l'Etat hébreu n'entend pas respecter.

En vidéo

Washington permet l'adoption d'une résolution pour l'arrêt de la colonisation israélienne

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