Russie : 25 ans après sa mort, le KGB n’a jamais semblé aussi près de revivre

Russie : 25 ans après sa mort, le KGB n’a jamais semblé aussi près de revivre
International

RENAISSANCE – Le journal économique russe Kommersant a récemment annoncé la fusion prochaine de plusieurs agences de sécurité et de renseignement en un seul "super-ministère" : le MGB. Une structure voulue par Vladimir Poutine, qui rappelle déjà à certains l’ancien KGB soviétique, dissout le 11 octobre 1991.

Serait-ce le retour sur le devant de la scène d’un vieux symbole ? Le très sérieux journal économique russe Kommersant a récemment annoncé la fusion prochaine de trois agences de sécurité et de renseignement en un seul et même "super-ministère " : le MGB (Ministère de la Sécurité d’Etat). 

Chapeautée et voulue par Vladimir Poutine, la structure qui rassemblera 250.000 agents rappelle déjà à certains l’ancien KGB, dissout il y a tout juste 25 ans par le Conseil d’Etat de l’URSS. 

Regroupant le FSB – renseignement et sûreté intérieure –, le SVR – contre-espionnage – et le service de la sécurité présidentielle, la nouvelle entité doit, toujours selon le quotidien, voir le jour d’ici à la présidentielle de 2018. Une information qui n’a pour l’instant pas été confirmée par le Kremlin. 

Renforcer la mainmise de Poutine

Faut-il y voir une volonté du chef de l’Etat d’asseoir encore un peu plus son autorité ? Interrogé par nos confrères d’Atlantico, Florent Parmentier, maître de conférence à Science Po Paris, estime que "chercher une meilleure cohésion entre les services de renseignement liés aux enjeux de sécurité nationale et ceux liés aux opérations militaires n’est pas en soi une mauvaise chose, (…) les enjeux [étant] de plus en plus entremêlés". Mais à condition, précise-t-il, " de conserver des garde-fous". 

Selon lui, la création du MGB s’inscrit notamment dans la perspective de la future élection présidentielle, à laquelle personne n’imagine que Vladimir Poutine (qui fut lui-même directeur du FSB en 1998-1999, ndlr) ne participera pas. "C’est dans ce cadre qu’on peut analyser la reprise en main par Poutine de ces services, en vue de préserver le régime", poursuit-il. 

Éviter les guerres de clochers

Pour la chaîne RT, considérée comme proche du pouvoir, cette fusion des services viserait avant tout à "améliorer l’efficacité de la gestion du renseignement et de la lutte contre la corruption". Car depuis la mort du KGB voilà un quart de siècle, et plus particulièrement ces dernières années, les différentes agences avaient chacune tendance à vouloir tirer la couverture à elles. La création du MGB permettrait ainsi d’éviter toute forme de guerre de clochers. 

La situation actuelle n’a, de l’avis de Florent Parmentier, rien à voir avec celle de l’URSS et de ses omniprésents services secrets. L'enseignant, également chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC, souligne ainsi qu'"en dépit de toutes les difficultés, la société est plus complexe, plus ouverte sur l’international", et que "le système répressif n’est en rien comparable, sauf à vouloir caricaturer à dessein."

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