"Comme un camp de travail chinois", Alexeï Navalny dénonce ses conditions de détention

AlexeÏ Navalny au cours de l'audience, mardi 2 février 2021.

INTERNATIONAL - Emprisonné depuis février, l'opposant russe Alexeï Navalny a décrit notamment son quotidien et sa vision du pouvoir exercé par Vladimir Poutine lors d'un entretien accordé au New York Times.

Alexeï Navalny purge actuellement une peine de prison de deux ans et demi dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité à Pokrov. Malgré la situation, l'opposant russe est parvenu à accorder un entretien manuscrit de 54 pages au New York Times paru ce mercredi. Il y décrit notamment ses conditions d'emprisonnement dans un lieu digne d'un "camp de travail chinois" où la "violence psychologique" le touche quotidiennement. 

L'ancien avocat de 45 ans y dévoile notamment le déroulement de ses journées où il doit essentiellement écouter la télévision russe ou des films de propagande. "On doit s'asseoir sur une chaise et regarder la télévision (...) Lire, écrire ou faire quoi que ce soit d'autre est interdit", indique-t-il, soulignant également être contrôlé "au maximum à chaque heure de la journée". "Le contrôle est constant et il y a une culture de la dénonciation", complète l'opposant russe condamné dans une affaire de fraude datant de 2014.

Le contrôle est constant et il y a une culture de la dénonciation- Alexeï Navalny, opposant russe

Alexeï Navalny voit également ses nuits être perturbées. Et pour cause, lors de ses premières semaines d'incarcération, les gardes étaient chargés de le réveiller plusieurs fois par nuit. "Je comprends maintenant pourquoi la privation de sommeil est l'une des méthodes de torture préférées des services secrets (...) Ça ne laisse pas de traces et c'est insupportable", a-t-il affirmé au New York Times.

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Alexeï Navalny critique la situation politique en Russie

Alexeï Navalny s'est également exprimé au sujet de la situation politique en Russie et notamment sur le pouvoir en place. "Le régime de Poutine est un accident de l'Histoire, il n'est pas inévitable", écrit-il, estimant que la nomination en 1999 de Vladimir Poutine, alors Premier ministre, comme président par intérim par Boris Eltsine, avait été une "erreur" qui sera réparée. Pour lui, la Russie rejoindra tôt ou tard "une voie de développement démocratique et européen", étant persuadé que "c'est ce que le peuple veut".

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