Avion en flammes à Moscou : le Soukhoï Superjet-100, une fierté russe pointée pour son manque de fiabilité

Avion en flammes à Moscou : le Soukhoï Superjet-100, une fierté russe pointée pour son manque de fiabilité

HISTORIQUE - Après l'atterrissage en catastrophe d'un Soukhoï Superjet-100 de la compagnie russe Aeroflot, dans lequel 41 personnes ont perdu la vie, l'enquête va devoir déterminer les causes de l'accident. Les enquêteurs vont notamment étudier l'historique du SSJ100, un modèle déjà confronté à divers problèmes mécaniques.

Qu'est-il arrivé au Soukhoï Superjet-100 de la compagnie russe Aeroflot ? Mis en service pour la première fois en juin 2017 selon le site spécialisé Flightradar 24, l'avion transportait 78 personnes, équipage et passagers confondus, et effectuait le trajet entre Moscou et Mourmansk dimanche 5 mai lorsqu'il a été contraint de faire demi-tour après avoir émis un signal de détresse. Le vol SU1492 a atterri en catastrophe à l'aéroport moscovite de Cheremetievo après avoir été, selon le commandant de bord, touché par la foudre. L'accident a causé la mort de 41 personnes et le spectaculaire embrasement de l'appareil.

Alors l'enquête va devoir déterminer les circonstances exactes de la tragédie, et que l'éventualité d'une immobilisation des Superjet "est prématurée" selon un porte-parole de l'agence russe Rossaviatsia, le cas des SSJ100 interroge. En effet, ce modèle d'avion, plutôt récent mais décrié pour sa fiabilité, a déjà fait la Une à plusieurs reprises pour d'autres incidents.

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Un avion décrié au-delà des frontières russes

Premier avion civil conçu dans la Russie post-soviétique, le Soukhoï Superjet-100 devait faire concurrence aux constructeurs brésilien Embraer et canadien Bombardier sur le marché des avions régionaux. De nombreux groupes internationaux ont participé à la conception de l'appareil, lancé en grandes pompes en 2011. Pourtant, en dehors du marché local, il est très décrié et peine à convaincre. En janvier 2017, sur les 87 avions régionaux Soukhoï Superjet-100 alors exploités dans le monde, 14 avaient été rappelés en Russie suite à une défaillance technique.

Plusieurs compagnies étrangères qui l'exploitaient ont ainsi préféré réduire ou stopper son utilisation, en raison de ses problèmes de fiabilité. En novembre 2018, le quotidien belge L'Écho révélait que Brussels Airlines a mis fin à son contrat de prêt avec la compagnie aérienne irlandaise CityJet, seul exploitant européen qui lui fournissait quatre SSJ100, "victimes de pannes régulières". D'ailleurs, pas plus tard qu'en février dernier, le journal russe Vedomosti a indiqué que CityJet avait finalement revendu ses sept SSJ100, évoquant de trop longues périodes d'inactivité causées par un manque de pièces de rechange.

Un vol de démonstration se crashe en 2012

Dès son lancement, l'image du Soukhoï Superjet-100 avait été ternie par le crash d'un appareil en mai 2012 au cours d'un vol de démonstration en Indonésie, qui avait fait 45 morts et aucun survivant. L'épave avait été repérée dans la région du volcan Salak, qualifié par le Jakarta Post de "cimetières d'avion" suite à ses accidents aéronautiques sur la période 2002-2012. L'explication avancée et confirmée par l'analyse des enregistreurs de bord avait déduit qu'il s'agissait d'une erreur humaine. 

Pour soutenir l'avionneur, le gouvernement russe avait mis en place des subventions pour inciter les opérateurs russes à acheter des Superjet. Aeroflot est ainsi devenu le premier utilisateur de l'appareil et avait annoncé en septembre 2018 avoir passé une commande record de 100 Superjet. Mais, moins d'un mois plus tard, un SSJ100 fait une sortie de piste impressionnante, faisant quatre blessés à l'aéroport de Iakoutsk, en Russie, après avoir cassé son train d'atterrissage.

Deux autres incidents similaires ont été notifiés les 26 et 27 avril, sans faire de victimes, comme l'expliquait le site d'infos indépendant Fair Planet dans un article paru le 2 mai. Un SSJ100 d'Aeroflot, effectuant la liaison Riga-Moscou, a fait demi-tour en urgence après avoir perdu beaucoup d'altitude en peu de temps. Un appareil imité, 24 heures plus tard, par un avion reliant Moscou à Volgograd, qui après 30 minutes de vol, est revenu à son point de départ pour une urgence identique.

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