Russie : cinq choses à savoir sur le 75e Jour de la Victoire, célébré avec un mois et demi de retard

Russie : cinq choses à savoir sur le 75e Jour de la Victoire, célébré avec un mois et demi de retard
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MÉMOIRE - La Russie célèbre ce mercredi sa victoire sur l’Allemagne nazie, en 1945. Normalement organisé le 9 mai, le défilé militaire a été décalé de plusieurs semaines en raison de la pandémie.

Quitte à être en retard, impossible pour la Russie de passer outre. Les célébrations de la fin de la Seconde Guerre mondiale ont exceptionnellement eu lieu ce mercredi 24 juin à Moscou. L'épidémie de coronavirus avait contraint le Kremlin à décaler de six semaines la commémoration de la victoire de l'URSS sur l'Allemagne nazie, le 9 mai 1945. 

A quelques jours seulement du référendum invitant les Russes à modifier la constitution, le président Vladimir Poutine a rendu un hommage appuyé à son pays : "Il est impossible même d'imaginer ce que le monde aurait été, si l'Armée Rouge n'était pas venue pour le défendre."

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Et le président russe de souligner, face à ses troupes en uniformes d'apparat, que les soldats soviétiques avaient "ont libéré les pays d'Europe des envahisseurs, ont mis fin à la tragédie de l'Holocauste, et ont sauvé du nazisme, cette idéologie mortelle, le peuple d'Allemagne"

Un moment de communion patriotique pour les 75 ans de la fin de la guerre qui a vu défiler sur la Place rouge quelque 14.000 soldats, mais aussi des chars, des missiles, des système anti-aériens et l'aviation, dont des modèles sont engagés en Syrie, un conflit qui illustre le retour de la puissance russe sur la scène internationale. Un 75e Jour de la Victoire ô combien important pour le leader russe.

Pourquoi le 9 et non le 8 mai ?

Contrairement au reste de l'Europe, la Russie et la plupart des anciens pays de l'Union soviétique ne célèbrent pas la capitulation du IIIe Reich le 8 mai, mais un jour après, le 9 mai. Pourquoi ? En raison du décalage horaire. De fait, lorsque l'Allemagne nazie dépose finalement les armes prise en étau face l'offensive des alliés sur le front ouest et l'offensive russe sur le front est, il est 23h01 à Berlin le 8 mai 1945. Or à Moscou, il est déjà minuit et une minute. Pour les Russes, la reddition est donc datée au 9 mai. Le Jour de la Victoire devient férié depuis 1965, vingt après la fin du conflit. 

20 millions de victimes

En juin 1941, Hitler décide d'une invasion surprise de l'URSS et met ainsi fin au pacte de non-agression germano-soviétique établi en 1939. Un front s'ouvre alors à l'est du IIIe Reich. Le peuple russe et des anciens pays de l'Union soviétique payeront un lourd tribut pour juguler l'invasion nazie. Les historiens estiment à environ 8,6 millions le nombre de soldats de l'Armée rouge morts ou disparus durant le conflit - soit la moitié des pertes militaires totales en Europe - et à environ 13,7 millions de pertes civiles (frontières soviétiques de 1939). 

"Le régiment des immortels"

La journée du 9 mai n'est pas seulement marquée par une parade militaire. Les familles ont l'habitude de défiler dans les rues avec des portraits de leurs aïeux ayant combattu. Cette marche du souvenir, appelée "le régiment des immortels", a été popularisée au début des années 2010, quand, un demi-siècle après le conflit, les rangs des anciens combattants étaient de moins en moins fournis. 

Une vitrine militaire

Le Jour de la Victoire est aussi l'occasion pour le régime russe de présenter son arsenal militaire le plus moderne. Cette année, ce sont 200 blindés et pièces d'artillerie qui défilent aux côtés de 13.000 soldats et de contingents des pays de l'ancienne-URSS, de la Serbie, de la Chine et de l'Inde. Le budget de la défense a doublé depuis 2010, plaçant la Fédération au cinquième rang mondial en termes de dépenses. Le conflit syrien a permis à la Russie de retrouver une forme de crédibilité sur le terrain militaire, notamment grâce à l'utilisation de matériels et d'avion 100% russe. 

Un tremplin pour la réforme constitutionnelle

Après cette célébration, la fin du mois s'annonce rythmée du côté de Moscou. Et pour cause, à partir du 25 juin et jusqu'au 1er juillet, clôture du scrutin, les Russes sont invités à se prononcer par référendum pour soutenir la réforme constitutionnelle voulue par Vladimir Poutine. Une réforme cruciale qui permettrait notamment au président de rester en place jusqu'en 2036. 

Actuellement à son quatrième mandat en cours, celui qui se présente comme l'homme fort de la Russie semble en tout cas déjà se projeter dans l'après, appelant la communauté internationale à l'unité pour faire face aux défis d'aujourd'hui, en insistant sur l'importance "de l'amitié, la confiance entre les peuples" et du "dialogue et de la coopération sur les questions actuelles qui sont à l'agenda international". Une façon, sans doute, de joindre passé, présent et avenir.

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