Les Russes devront se rendre à Varsovie pour avoir un visa américain, "une humiliation proche du sadisme"

Les essentiels de l'info à 6h30 du 25 octobre 2021

BRAS DE FER - Les autorités américaines ont décidé de ne plus délirer de visas depuis Moscou aux ressortissants russes, qui vont devoir désormais prendre rendez-vous en Pologne, crispant un peu plus les relations entre les deux nations rivales.

La tension est montée encore d'un cran entre Washington et Moscou. Les États-Unis ont cessé de délivrer des visas d'immigration en Russie, forçant les Russes qui veulent en faire la demande à se rendre en Pologne. Un choix en réponse aux restrictions imposées par les autorités russes, a fait valoir la diplomatie américaine dimanche 24 octobre. Moscou a dénoncé quant à elle "une humiliation proche du sadisme".

"Nous ne donnerons plus de nouveaux rendez-vous pour des visas d'immigration à des ressortissants russes à Moscou", a déclaré à l'AFP un porte-parole du département d'État américain. Il faudra désormais se rendre à l'ambassade des États-Unis à Varsovie pour faire une demande de visa, a-t-il ajouté, précisant que cette décision était entrée en vigueur depuis le 12 octobre.

"Nous sommes conscients qu'il s'agit d'un changement important pour les demandeurs de visa", a assuré le porte-parole, appelant ces derniers à ne pas prévoir de voyage en Pologne avant d'avoir un rendez-vous attribué pour un entretien, tout en reconnaissant que la solution proposée n’était pas "idéale". Depuis Moscou, seuls des "visas diplomatiques ou officiels" seront désormais fournis par l’ambassade américaine.

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"Un coup porté aux familles et aux proches"

Sur le site internet du département d'État, la Russie a été ajoutée à la liste des pays "où les États-Unis n'ont pas de représentation consulaire ou dont la situation politique ou sécuritaire est suffisamment précaire ou incertaine pour que le personnel consulaire limité ne soit pas autorisé à étudier" les demandes de visas. Elle rejoint une dizaine de pays dont des États en guerre ou des ennemis de Washington comme Cuba, l'Iran, le Venezuela ou la Syrie.

La diplomatie américaine justifie ce changement de cap par "la décision du gouvernement russe d'interdire aux États-Unis d'employer" localement du personnel russe ou de pays tiers. Cette restriction "affecte gravement" sa "capacité à fournir des services consulaires", plaide Washington, car l'ambassade américaine a dû se séparer de dizaines d'employés locaux. Conséquence : cette réduction des effectifs consulaires, "ne nous permet pas de garantir des services de routine en matière de visa ou d'assistance aux citoyens américains", a encore affirmé le porte-parole du département d'État.

La délivrance de visas de travail ordinaires avait déjà été suspendue en mai, pour des raisons similaires, mais Washington avait prévenu cet été que d'autres mesures étaient encore possibles.

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Les autorités américaines ont "détruit" leur système consulaire en Russie et "transformé une procédure technique banale pour le XXIe siècle en véritable enfer", a déploré dimanche la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova sur son compte Telegram, évoquant "une humiliation proche du sadisme". "C'est un coup porté aux familles et aux proches, ces liens qui font vivre les relations entre les pays et leurs peuples", a-t-elle ajouté, dénonçant également une atteinte à "la liberté de circulation".

Ces dernières années, le fonctionnement des ambassades et consulats russes et américains a été perturbé de part et d’autres par des expulsions croisées de diplomates entre les deux pays rivaux. Lors de la visite il y a deux semaines en Russie de la numéro trois de la diplomatie américaine Victoria Nuland, le sujet de ces tensions a été abordé, sans toutefois permettre d'aboutir à une solution.

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