Poignardée à la gorge, la journaliste russe critique vis-à-vis du Kremlin toujours en réanimation

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RUSSIE - Journaliste dans la principale radio russe aux points de vue indépendants, Echo, Tania Felguengauer a été poignardée à la gorge lundi par un homme dont on ignore encore les motivations. Ce mardi, son état s'est légèrement amélioré mais elle est toujours en réanimation.

Une animatrice de la radio russe Echo de Moscou, critique du Kremlin, a été poignardée lundi par un inconnu qui s'est introduit dans la rédaction et a été interpellé, a indiqué à l'AFP son rédacteur en chef. Tania Felguengauer a été "hospitalisée, on nous a dit que sa vie n'est pas en danger", a précisé Alexeï Venediktov, joint par téléphone.


L'assaillant a agressé le gardien de l'immeuble avant de monter dans les locaux de la radio, situés en plein centre de Moscou, et de "poignarder dans le cou l'animatrice Tatiana Felguengauer", selon la même source. "On n'a aucune idée de qui est cet homme", a assuré M. Venediktov, en précisant que la sécurité de la radio l'avait arrêté et remis à la police.

La jeune femme se trouve toujours en réanimation ce mardi, son état s'améliorant légèrement, ont indiqué l'hôpital et son employeur. Après avoir été opérée et placée en coma artificiel en fin d'après-midi lundi, elle se trouvait mardi "en salle de réanimation", a indiqué à l'AFP un représentant de l'Institut hospitalier Sklifossovski, ajoutant que la journaliste, poignardée dans le cou, se trouvait "dans un état assez grave". Ses cordes vocales n'ont pas été affectées et le pronostic est "favorable", selon la radio, qui a précisé que les docteurs se concertaient mardi pour décider de la suite des soins.

La radio Echo de Moscou, première station libre née en 1990 avant la chute du régime soviétique, était passée sous le contrôle du groupe public gazier Gazprom en 2001, un an après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. La station a néanmoins réussi à rester jusqu'à présent la principale radio russe à offrir des points de vue indépendants, dans un paysage médiatique verrouillé où les grandes chaînes de télévision sont sous contrôle.

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