Russie : Alexeï Navalny condamné à une peine de prison ferme

Navalny condamné à près de trois ans de prison

PROCÉS - Jugé pour la violation de son contrôle judiciaire, l'activiste et opposant à Vladimir Poutine a écopé d'une lourde peine, mardi 2 février.

Trois ans et demi de prison. C'est la peine à laquelle a été condamné Alexeï Navalny, mardi 2 février. L'opposant russe, qui avait été arrêté à son retour en Russie le 17 janvier, était poursuivi pour avoir violé son contrôle judiciaire, lui qui bénéficiait d'un sursis de la même durée, remontant en 2014. Et pour cause, il n'avait pu souscrire à ses obligations de pointer auprès des services pénitentiaires, étant hospitalisé les cinq derniers mois pour recouvrir de la tentative d'empoisonnement dont il avait fait les frais l'été dernier. Alexeï Navalny ne purgera pas en "colonie" l'intégralité de la peine à laquelle il a été condamné. Le tribunal a en effet décidé de déduire de son incarcération à venir les mois qu'il a passés précédemment en résidence surveillée.

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Navalny-Poutine : le conflit sans fin

 Aussitôt le verdict annoncé, l'organisation anti-corruption qu'il a fondée a appelé à une manifestation immédiate. Celles qui se sont déroulées en son soutien ces deux derniers week-ends ont été violemment réprimées. Celles-ci n'ont pas été différentes, avec plus de 1.300 pendant la nuit.

Vous ne pourrez pas emprisonner tout le pays !- Alexeï Navalny

Le procès en lui-même aura duré toute la journée. L'opposant de 44 ans se sera échiné à dire au tribunal qu'il avait bien prévenu les autorités des raisons de son absence, leur donnant même son adresse. "Qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre ?", a-t-il interrogé, depuis la cage de verre où il était enfermé. Volontiers détendu, souriant, Navalny a notamment qualifié cette comparution de "tentative de faire peur à des millions" de Russes. "On en emprisonne un pour faire peur à d'autres mais vous ne pourrez pas emprisonner tout le pays !" À la lecture du verdict, il s'est contenu, dessinant un cœur à destination de son épouse.

En dehors des frontières russes, le cas de l'activiste russe aura particulièrement tendu les relations entre la Russie et les puissances occidentales, qui ont unanimement réclamé sa libération. Des admonestations que le Kremlin a balayé, ce mardi même, en déclarant espérer que Bruxelles ne fasse pas la "bêtise de lier la perspective des relations Russie-UE [au sort] d'un résident d'un centre de détention". 

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Quelques instants après le verdict, les États-Unis, eux, ne se privaient pas, par la voie du secrétaire d'État Anthony Blinken, d'exprimer leur "profonde préoccupation" et leur désir de le voir être libéré "immédiatement et sans conditions". "Nous allons nous coordonner avec nos alliés afin que la Russie rende des comptes pour n'avoir pas respecté les droits de ses citoyens", a-t-il également indiqué. Du côté de Londres, la décision judiciaire a suscité le même émoi, le chef de la diplomatie Dominic Raab la qualifiant de "perverse" et appelant pareillement à la "libération immédiate et sans conditions" d'Alexeï Navalny.

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