Russie : la manifestation en soutien au journaliste Ivan Golounov réprimée avec violence

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REPRESSION - Les autorités russes ont sévèrement réprimé les personnes qui ont pris part à la marche qui s'est tenue dans les rues de Moscou pour dénonce les abus de la police. Cela survient au lendemain de la libération du journaliste Ivan Golounov, interpellé le 6 juin dernier pour une affaire de drogue orchestrée.

Les autorités russes emploient la force pour mettre un terme à une marche à Moscou. La veille, le journaliste Ivan Golounov était libéré, après avoir été interpellé le 6 juin par des policiers qui affirmaient avoir découvert dans son sac à dos puis dans son appartement d'importantes quantités de drogue. Contrastant avec la clémence inhabituelle dont elles ont fait preuve les jours précédents, les forces de l'ordre ont arrêté les marcheurs mobilisés contre les abus de la police, dans le cadre d'un rassemblement qui n'avait pas reçu l'autorisation officielle de la mairie. Au moins 423 manifestants ont été interpellés, parmi lesquels plusieurs journalistes et les organisateurs de la marche, a rapporté l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des arrestations.


Cette manifestation fait suite à une mobilisation quasiment sans précédent  de la société civile pour obtenir la libération mardi d'Ivan Golounov,  journaliste du site d'information indépendant Meduza. Réputé pour ses enquêtes fouillées sur la corruption des élites et les malversations dans des secteurs opaques et mafieux comme le microcrédit ou les pompes funèbres, il faisait face à des accusations de trafic de drogue montées de toutes pièces, finalement abandonnées.

Le mépris pour "la solidarité et les droits"

La marche a rassemblé plus d'un millier de personnes et donné lieu à des arrestations particulièrement musclées. La police est allée jusqu'à fermer au public la Place Rouge, qui est l'une des principales artères du centre et un populaire parc de la capitale. Plusieurs personnes arrêtées, dont un photographe de presse, ont affirmé avoir été passés à tabac par la police, qui leur refuse l'accès à un médecin, selon OVD-Info.


Parmi les personnes arrêtées figurait le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, qui a fait l'objet de nombreuses procédures judiciaires et détentions ces dernières années. Il risquait jusqu'à 30 jours de prison, mais a finalement été libéré dans la soirée. "Le pouvoir a terriblement peur de la démonstration de solidarité fantastique et unanime dans l'affaire Golounov. Il est donc important pour eux de détruire d'abord la solidarité générale, puis d'intimider et d'emprisonner  ceux qui insistent", a déclaré plus tôt sur Twitter Alexeï Navalny.

Plusieurs journalistes ont également été arrêtés, certains relâchés après quelques heures. Selon le média Meduza, l'un de ses correspondants a été interpellé alors qu'il se plaignait de la répression policière par téléphone avec le vice-maire de Moscou. L'ONG Amnesty International a dénoncé dans un communiqué le "mépris" des autorités russes pour "la solidarité et les droits", exigeant la "libération immédiate et sans conditions" des personnes interpellées, tout comme le Conseil de l'Europe, qui a appelé à respecter "le droit de réunion". Le Kremlin avait dit craindre mardi que la marche ne "gêne l'atmosphère festive" de mercredi, jour férié célébrant l'indépendance de la Russie vis-à-vis de l'URSS.

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